2026
C’est suite à un événement grave que nous avons remis le cap sur Mahambo, dès le mois de mars 2026. Le lendemain de Noël 2025, Faly et Elysé nous téléphonent : ma gardienne Vavrina a choisi de mettre fin à sa vie, en laissant Arliny (16 ans) orpheline. La nouvelle nous a fait l’effet d’un coup de tonnerre, car rien ne laissait prévoir une telle décision trois semaines après notre départ fin 2025. Là-bas non plus, aucune « explication ». Notre consternation a duré longtemps, car nous avions avec Vavrina une excellente relation, d’amitié peut-on dire, après plus de 10 ans.
Il fallait prendre des décisions. Norosoa, la sœur de Vavrina, qui habitait depuis de nombreuses années au « campus » Mitsinjo (dans la maison « Marité et Marcel »), acceptait de prendre la relève et donc de venir habiter la maison de mon jardin. Cependant, celle-ci ne pouvait aisément accueillir son mari Fano et leurs deux enfants, Fandresina et Antonio, en plus d’Arliny que sa tante acceptait d’héberger avec sa famille. Première décision, agrandir la maison pour qu’une pièce supplémentaire puisse être occupée par Arliny. C’était pratiquement chose faite quand nous avons quitté fin mars 2026. Deuxième décision : aller dès que possible se rendre compte sur place. Nous avons donc anticipé notre séjour à Mahambo, et ce fut du 9 mars au 1er avril.

Arrivés à Tamatave en fin d’après-midi le 10 mars, nous passons la nuit à l’hôtel Splendide, que Fara a contacté pour nous. Stupéfaction : la ville a été ravagée par un récent cyclone. Le terme n’est pas trop fort : murs effondrés, toits envolés, poteaux électriques, pourtant en béton armé, cassés comme des allumettes. On a l’impression d’une ville presque entièrement détruite. Faly a tenu à venir nous chercher, et nous arrivons dans ma maison le mercredi 11 après-midi : l’état de la RN5 est apocalyptique ; aux alentours de Foulpointe surtout, ce n’est que route défoncée et trous remplis d’eau. En effet, il avait plu énormément les jours précédents, et les pistes étaient impraticables pour le scooter, surtout chevauché à deux. Heureusement, un deal avec Faly nous a permis de profiter de sa "nouvelle" jeep, un Pajero de Mitsubishi, vieux de 35 ans. Avec lui, nous passerons partout.



Nous sommes accueillis par Françoise, la mère de Vavrina, et deux de ses belles filles, Chantal et Flore, avec la toute petite Oliska. On se remet du voyage et de nos émotions ; on a apporté divers cadeaux, dont un montage électronique offert par notre ami Jean-Luc D.

Dès le début, on se rend compte que Norosoa fait et fera de son mieux pour remplacer sa sœur.. Eric le pêcheur est déjà là pour vendre de la vanille, car la vie est dure pour les Malgaches, comme nous l’explique Raoul, qui trouve, à raison, que le pays va mal. On a apporté des tas de photos, dont un petit album des plus beaux souvenirs de sa maman pour Arliny.


C’est seulement après quelques jours que le temps se remettra au beau et que la mer sera bonne pour la baignade : on retrouve « notre » Mada !

Evidemment, le dimanche, la musique et incessante dans notre quartier à cause de la présence d’églises qui sont en fête dès 7h30’. Puis, pendant la semaine, les cours reprennent au campus, ainsi que le cinéma le soir. Nous proposons aux jeune une série « familiale » qui nous a plu : « This is us », avec des personnages proches de la vie ordinaire.

On décore de photos deux murs de la maison. Des parents viennent dire bonjour. Le papa de Mandelah avec un sac d’avocats : c’est la saison, et ils sont « à tomber » ! Nul besoin de vinaigrette ou de mayonnaise. On comprend que c’est un fruit, comme la pomme cannelle, Annona squamosa, fruit de l’Attier, de la même famille que le corossol. Sa chair juteuse et sucrée nous fait penser à la compote de pommes de chez nous. La maman de Saïlah et Sylvannah nous comble de bananes. Quant à Christiane, elle découvre des brèdes, surtout les brèdes Mafane, une sorte de cresson un peu amer, qu’elle cuisine comme des épinards frais.

On ne fera qu’une seule « expédition », à Fénérive Est, pour acheter du poivre sauvage chez Jim (mes amis en sont friands !), de l’eau potable en grands bidons jaunes de 20L, et quelques autres emplettes. Ce sera notre seule « sortie», car la route est un vrai calvaire.

Raoul et Santa, et nos deux couples amis (Fara – Faly / Felana - Elysé) profitent des charcuteries que nous avons apportées de chez nous. Faly a fait un nouveau coffre en bois pour ma chambre. Jean cola passe aussi, mais il a vraiment beaucoup de « casseroles », c’est-à-dire des examens de 1ère et 2ème année pas encore réussis. Il est difficile de continuer à l’aider dans ces conditions. D’autant plus que son français ne s’est nullement amélioré depuis qu’il a quitté le campus, après le BAC.
Surprise ! Un matin, nous voyons arriver Stéphanie, la fille de Caporal qui a joué un rôle important dans notre prédilection pour Mahambo (voir les premières années dans le « journal de bord », de 2004 à 2009). Elle est veuve d’un gendarme tué par un « dahalo » (voleur de zébu). Ma foi, elle est bien joyeuse et nous donne des nouvelles de Jeanne, sa maman qui est à Ste-Marie et fait des paniers. On évoque évidemment le passé, déjà lointain.
Nous avons de la chance : nous sommes invités à la fête d’anniversaire (5 ans de mariage, voir les photos de la noce dans le "journal de bord" en 2021) de Felana et Elysé, avec sa maman de Fénérive et quelques amis choisis. La table est immense, car tous les élèves sont là aussi.









Dernier film le jeudi 26, avec « La reine des neiges », car les vacances des élèves sont là et ils rentrent dans leurs familles. La petite Oliska a un abcès à la fesse, alors qu’on a donné à sa maman Flore l’argent pour une visite au dispensaire, en oubliant qu’il faut des médicaments, eux aussi coûteux, ce qui explique qu’elle n’a pas été soignée. Le problème sera réglé avec quelques euros. Nous passons notre dernier dimanche en compagnie de nos amis Faly et Elysé, qui partagent nos souhaits pour le campus.

Le dernier lundi, juste avant le départ, nous sommes le soir chez Raoul et Santa, dont l’hospitalité chaleureuse n’est plus à prouver.

Fara, Felana et Faly nous ramènent à Tamatave, pour un dernier repas à La Terrasse, juste avant de reprendre l’avion. Un long et difficile voyage de retour nous attend, en raison des fouilles extrêmes dans les aéroports et d’un souci de voiture entre la capitale belge et notre domicile. Christiane a particulièrement souffert de ce retour pénible. Il nous restait à apprendre la mauvaise nouvelle survenue après notre départ : Amélie, la gardienne de Mitsinjo, est décédée suite à une crise cardiaque. Après Gérard et Vavrina, la série noire continue…
