2015

C'est ici que vous lirez, en juin après notre retour, le récit des aventures malgaches que je ne manquerai pas de vivre avec mes deux fils, Nicolas (42) et François (37), en mai prochain.

Pour vous faire patienter, je vous propose l'historique de la reconstruction de OLATRA, qui a été, comme vous avez pu le voir, ravagée par un grave incendie le 2 décembre 2014 (voir "Journal de bord" de l'année dernière). Trois jours seulement après la catastrophe, qui n'a laissé en place que les éléments de la structure en béton sur pilotis, mon ami Faly s'est activé avec des ouvriers... et n'a eu de cesse, depuis lors, de faire en sorte que nous puissions entrer, lors de notre séjour en mai, dans une "nouvelle" OLATRA.

début reconstruction matériaux à Olatra

C'est grâce à Gérard d'Amabatomalama que je peux, régulièrement (grand MERCI à lui !), avoir une bonne idée de l'état d'avancement des travaux: ce sont ses photos, à partir de janvier, que vous verrez ci-dessous; s'y ajoutent quelques clichés reçus de l'ami Emile, de Foulpointe.

le 5 janvier piliers terrasse

charpente toit cimentage

toiture1 ravpounj

terrasse1 ravpounj suite

escaliers1 façade mi mars

fronton arrière mi mars

façade fin mars cuisine fin mars

Faly le 14 mars olatra au soleil

pilotis début avril Les fenêtres des deux chambres

escalier inérieur terrasse avec planches

rambarde terrasse agrandissement

façade le 1er mai terrasse habillée

habillage terrasse de l'intérieur cuisine carrelage

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Mon 23ème séjour, du 14 mai au 4 juin, est donc marqué par la présence de mes deux grand fils, Nicolas et François, qui m'accompagnent pour la première fois.

Voyage sans problème, avec la Fiat Panda, jusque chez René à Viry-Châtillon. Nous décollons avec Corsair, comme d'habitude d'Orly Sud, où François, venu de Bruxelles en Thalys, nous a rejoints à l'heure dite.

Malgré mon impatience de découvrir ma "nouvelle" maison, j'ai organisé une halte à Andasibe, où j'ai passé tant d'agréables séjours avec les guides de l'association Mitsinjo. Nina, le frère de Tô notre chauffeur en 2014, nous attend à Ivato pour nous amener, avec nos gros bagages, jusqu'au Feon'ny Ala. Avec de nombreux arrêts-photos, pour que les jeunes puissent mitrailler (normal, quand on a tout à découvrir !), mais aussi expérimenter l'inévitable bière THB et l'Eau Vive, des fruits inconnus (goyaves, nèfles, tomates en arbre), et même un restaurant qui propose magret de canard et steak Rossini avec foie gras frais poêlé... A Moramanga, on fait encore une halte chez le frère de Nina, qui est sous-préfet de cette région. Ce qui explique qu'on n'arrive à l'hôtel qu'au moment où la nuit tombe: pour rappel, les journées sont courtes à Mada en ce moment de l'année. Dès 19h, nouvelles expériences : rhums arrangés, steak de zébu au poivre vert et yaourt-maison. Les garçons apprécient les bières malgaches, dont la Gold 8°! Nous sommes au lit tôt pour être en forme dès 6h30' !

au Feon'ny Ala association Mitsinjo

Mon ami Christin, ancien président de l'association qui gère la réserve Analamazaotra, nous a rejoints pour le petit déjeuner. Découverte des Pandanus, des Asplenium nidus-avis, des fougères arborescentes, de la diversité de la végétation tropicale, des cris des lémuriens, sans chaleur désagréable, sans insectes harceleurs: chouette ! Quelques champignons aussi, mais surtout les indris qui sont de moins en moins farouches. Déjà nos amis Brigitte et Raymond avaient pu les voir de près en 2011, mais cette fois c'est encore mieux puisqu'on peut pratiquement les toucher !

bolet sous pins petit champignon

indri peu farouche indri peu farouche (2)

Vous comprendrez pourquoi je n'ai pas hésité à mettre deux photos pour vous montrer cet instant magique, capté par les excellents appareils photos de mes fils !

lunch à Andasibe entrée du parc

Après un frugal repas très malgache, la visite du parc Mantadia, dont l'entrée est assez chère pour les vazaha, ne nous a pas apporté grand chose de plus que celle du matin dans la petite réserve gérée par Mitsinjo: une salle d'accueil pour les touristes présente certes des panneaux explicatifs intéressants, mais les animaux "bougent" moins que le matin, y compris les oiseaux, les papillons, etc. C'était cependant un moment agréable, toujours en compagnie de notre guide Christin, prenant des notes pour compléter ses déjà bonnes connaissances mycologiques.

Christin et Paul Christin explique

panneaux didactiques trio à Mantadia

Christin nous a réservé - maintenant, les paiements par téléphone sont chose courante à Mada - pour le lendemain 3 places dans un Mercedes Sprinter de la compagnie Cotisse, qui nous prend le samedi matin au carrefour de la RN2. Nous arrivons à Tamatave vers 15h, après le traditionnel arrêt-repas. Malgré la chance d'avoir bénéficié d'un taxi-brousse qui part presqu'aussitôt, nous ne sommes à Mahambo qu'au coucher du soleil.

Deuxième acte: 11 jours à Mahambo, avec mes deux fils. Nous avons été accueillis chaleureusement par mon gardien Paul et sa famille, et aussi Fara et Faly, avec qui nous partageons notre premier repas ici. Evidemment, première visite de la "nouvelle" Olatra, dont le bar est fourni, délicate attention, en rhums arrangés divers... Le résultat est remarquable ; en 5 mois, mes amis ont réussi un tour de force : la maison est accueillante, avec ses trois chambres et un équipement plus que suffisant (je ne rachèterai qu'une étagère en bambou pour la salle de bains). Première baignade le dimanche 17 au matin, puis récupération des "véhicules" (le scooter et le petit vélo pliant) chez Raoul ; Nicolas panique un peu derrière le scooter auquel je dois me réhabituer après 5 mois d'absence.

avant de la maison arrière de la maison

la nouvelle cuisine la salle de bain

La simple chronologie de ce que nous avons vécu doit laisser la place aux événements saillants, étant donné que mon objectif essentiel était de faire participer les deux garçons à la vie d'ici et à celle des gens qui, au fil du temps, me sont devenus proches. Ce n'est pas du tourisme au sens habituel du terme, mais plutôt une immersion dans un type de vie tout différent de ce que nous connaissons en Europe. Ici, pas de journaux, de radio, de TV, d'internet, pour évoquer ce qui rythme souvent nos vies d'occidentaux "branchés". Bien sûr, divers petits travaux furent nécessaires pour perfectionner la maison; il a, par exemple, fallu racheter un deuxième panneau solaire pour alimenter le congélateur qui nous permet à présent d'avoir des boissons fraîches. Merveille de l'organisation malgache des transports par taxi-brousse : je décide un jour de cet achat, et le lendemain, grâce à un membre de la famille de Fara à Tana, le panneau est sur le toit !

le congélateur système électrique

Un mot d'explication: les deux panneaux fournissent au maximum 150 + 100 Watts, alimentant les deux batteries (prêtées par Gérard)de 100 ampères chacune. Le gros convertisseur 12 volts/220 volts (cadeau de Gérard), à gauche, est nécessaire pour faire tourner le congélateur branché pendant 3 à 4h en pleine journée: assez longtemps pour bien refroidir, pas assez pour congeler (ce que je veux éviter !). Quand on le débranche, vers 14h au plus tard, les batteries peuvent se recharger pour être efficaces le soir (lampes et projecteur vidéo), avec le petit convertisseur noir, à droite, qui consomme moins que l'autre. CQFD.

Nous n'étions là que depuis deux jours quand... nous avons été cambriolés, de nuit, sans rien entendre; ont été volées 5 bouteilles et une pile de linge (chemises et shorts) dans l'armoire du living. Pas grave, bien sûr, mais de quoi se ranger à l'avis de Faly qui proposait de mettre des barreaux à la fenêtre de ma chambre, puisque je ne peux dormir qu'avec les volets ouverts, vu la chaleur... Evidemment, quand je m'éveille, j'ai un peu l'impression d'être en prison !

l'armoire des barreaux dans ma chambre

En dehors des produits de première nécessité (PPN), c'est à Fénérive qu'il faut aller : c'était l'occasion pour Nicolas, qui est gynécologue, de voir les installations de l'hôpital de cette ville. Fara et Faly nous ont également amenés sur la plage où les pêcheurs vendent directement leur poisson, et au marché où on trouve beaucoup de choses ; sans oublier la boutique de la société Antsinana, dont les patrons, d'origine chinoise, sont très accueillants : ils vendent pas mal de produits qu'on trouverait difficilement ailleurs. Nous repassons par Sahamalany, où la famille de Raymond et Juliette montre vraiment de la joie à nous recevoir.

au hameau de Sahamalany groupe à Sahamalany

Comme d'habitude, nous recevons pas mal de visites, notamment des familles amies dont les enfants ont plaisir à venir dessiner et colorier sur la terrasse ; de grands cartes (du monde et d'Europe), offertes par Nicolas, permettent d'expliquer que nous venons de loin, où se trouve la Belgique, et les étapes du grand voyage pour rejoindre Mahambo. Le coin nord de la terrasse est souvent occupé, parfois par Paul le gardien, qui persévère courageusement dans son apprentissage du français. Les murs intérieurs sont décorés de photos qui retracent notre histoire ici depuis 2004 (entre les deux grandes portes du living), nos voisins et amis, l'histoire de la maison "Olatra", des photos du CEG et du campus Mitsinjo, mais aussi les photos de la famille en Belgique, avec Christiane, nos enfants et 7 petits-enfants.

la table rouge la table verte

cartes au mur photos murales

décoration avec photos Paul étudie le français

Des excursions en scooters (nous en avons loué un 2ème à Tantely) sont organisées dans la région. Le long de la route vers Vavatenina, les paysages sont variés et la route serpente dans les collines en direction de Maromitety. Arrêts très fréquents bien entendu, pour des photos de nature, de la rafraîchissante rivière qui cascade dans la vallée que suit la route : il faut être attentifs, car le revêtement est souvent fort dégradé et les taxis-brousse croisés roulent vraiment très vite ; de petits villages assoupis nous mettent en contact avec les activités locales, essentiellement agricoles: culture du riz et séchage en bord de route ; un peu d'élevage (on slalome pour éviter les poulets-bicyclette, un cochon grogne depuis un enclos surplombé par d'énormes jacquiers) ; l'épicerie d'un hameau nous permet d'acheter un peu d'essence ; on ne trouve à manger une soupe qu'à la sortie du village de Maromitety, où on décide de faire demi-tour, pour rentrer avant le coucher du soleil.

La rivière vers Vavatenina Femme au pilon

Rizières vers Vavatenina séchage du riz

Les garçons iront seuls à Foulpointe, chacun sur un scooter. Ils visiteront le Manda Fort (ruines d'une ancienne fortification, proches de la maison d'Emile) et le cimetière où repose Couillandeau de la Touche (ça ne s’invente pas !), le chirurgien du roi de France, mort en 1766. Belle atmosphère, paraît-il. Ils ont même vu, sur la plage près du Manda Beach, Estelle, pour lui acheter des colliers.

Fort de Foulpointe Tombe de Couillandeau

Une autre excursion, avec la voiture de Gérard cette fois, nous a amenés au bazar be de Tamatave: entièrement rénové et bien propre, il présente une multitude d'échoppes avec toute la palette de l'artisanat malgache, de la vanille et des épices aux paniers, en passant par les nappes brodées et les bijoux de fantaisie, etc.

Le bazar be à Tamatave Poissons au bazar be de Tamatave

Nous avons aussi l'occasion de partager plusieurs repas avec mes amis : en compagnie de Fara et Faly, de Raoul et Santa, de la famille de Juliette et Raymond, et de Gérard, bien sûr. Je dois encore mentionner un grand pique-nique, organisé du côté d'Ambatomalama, sur la plage, par Fara pour une quinzaine de convives : BBQ royal et ambiance familiale, où rien ne manquait. Un autre grand moment de gastronomie fut un repas de langoustes grillées... à gogo ! La préparation a lieu sur un des bancs du jardin, avec la borzina de mon gardien Paul, qui les fend en deux dans le sens de la longueur, alors qu'elles sont encore vivantes (photo censurée ; âmes sensibles : ne pas lire !).

Chez Gérard Photo de famille

Repas de fête à Olatra Langoustes

Chaque jour, l'océan invite à la baignade matinale et vespérale, sur la plage bien connue de la maison de Vero, malheureusement absente. Comme ils sont attendus chez eux pour leur travail, mes deux grands garçons - qui ont même pu faire du surf ! - doivent quitter avant la fin du mois, après avoir connu de multiples moments d'immersion dans une nature toute différente et une population bienveillante et toute proche: une partie de lotto sur la terrasse avec Nicolas, l'apprivoisement de la petite Fandresina (8 mois) de Norosoa, la sœur de mon gardien : deux images qui en disent long sur l'ambiance vécue à Mahambo !

Jeu de lotto Avec Fandresina

Et le campus Mitsinjo ? Resté seul pour une semaine supplémentaire, j'ai pu m'y consacrer davantage. Il fallait acheter de nouveaux matelas, mais d'abord retrouver un professeur qui serve de relais entre les jeunes et le CEG : ce fut fait avec Tantely (qui nous avait gentiment loué son scooter pour quelques jours). Ce jeune professeur d'histoire-géographie, parlant français, est le fils de Félix, ancien professeur de français au CEG, présent sur les photos du site lors de l'inauguration de la pompe et des 2 WC en 2010 (voir l’onglet « Ecoles » dans les « Infos pratiques » du site). Puisque le cinéma a repris le soir à la maison ("Paddington", "La flûte à six Schtroumpfs" et "Le domaine des dieux"), les jeunes sont venus profiter, deux soirées de suite, du magnifique "Danse-avec-les-loups" (Kevin Costner), un long film en forme de parabole sur l'amitié possible entre un Américain blanc et des Indiens à la mentalité toute différente...

Le campus Mitsinjo Tantely, chez Marité et Marcel

Cinéma à Olatra Cinéma à Olatra (2)

Le campus est certes bien entretenu et propre, mais il y a cependant une sérieuse ombre au tableau. Les résultats scolaires des 13 élèves (Dérico a quitté après le 1er trimestre) sont à pleurer. Deux seulement atteignent une moyenne de 10/20 à leur bulletin de Pâques. Ce qui correspond au pourcentage extrêmement faible de réussite au BEPC (brevet de fin de cycle). Que faire ? Je ne suis ni directeur, ni professeur, ni parent, ni Malgache... et impuissant face à cet état de fait. C'est pour moi une souffrance, mais je dois bien reconnaître que mes rêves, au moment où j'ai initié ce campus-internat, sont battus en brèche par la réalité : les jeunes ne tirent pas vraiment avantage - sauf peut-être sur le plan social - du site qui leur est offert: le temps gagné en déplacements, la bibliothèque (dans le bureau "Jacques") avec les documents pédagogiques mis à leur disposition, etc. ne sont pas mis à profit au point de justifier, sans y réfléchir, les efforts entrepris: nourriture une semaine sur deux, entretien et réparations du matériel, achat de nouveaux matelas et d'un système électrique avec ampoules (les lampes Ikea sont devenues rares!), salaire de la gardienne, frais d'écolage et de matériel pour l'école, etc. Bien sûr, il faut attendre la fin de l'année scolaire, en juillet, pour faire un bilan des deux années d'expérience du système, mais il faudra quand même oser y réfléchir sérieusement. En attendant, comme deux maisonnettes sont vides, j'ai accepté de loger une famille: Norosoa (enceinte d'un second bébé) avec son mari Fan et leur petite Fasendrina, sont déjà accueillis dans la maison "Bruno". Comme le moment de mon départ approche, il est temps de refaire une photo du groupe avec le nouveau professeur Tantely. Vous reconnaîtrez, au premier rang, de gauche à droite: Prisca, Juliot, Sylvestre, Robert, Désiré, Anita, Catherine, Jocelyn; au 2ème rang, de gauche à droite: Odon, Franky, Richard, Charles, et Tantely le professeur.

Au campus Mitsinjo Norosoa chez Bruno

La fin d'un séjour est toujours un peu chaotique : il faut faire les bagages, dire au revoir au maximum d'amis, régler divers problèmes matériels (scooter et vélo, clés, reste de vivres et linge sale), organiser le trajet de retour jusqu'à Tana. C'est Gérard qui me conduit à Tamatave où j'ai juste le temps de sauter dans le minibus Cotisse. A Tana, un taxi me conduit à une vingtaine de km de la gare routière, sur la route vers Mahajanga, jusque chez... Jacky: c'est un général de la gendarmerie malgache, fraîchement retraité, que j'ai rencontré à Ylang Ylang car il est l'ami de Fara et Faly. Nous avons pris ensemble un bon repas ainsi que le pique nique, auquel j'ai fait allusion plus haut, organisé par nos amis. Des points communs nous ont amenés à sympathiser et il m'a invité chez lui pour ma dernière nuit à Tana. J'y fais la connaissance de sa femme Pascale et de leur adorable petite fille Kaciane. Son jardin est superbe et rempli de plantes et fleurs que j'ai plaisir à découvrir... autour d'un personnage qui me laisse croire que je suis déjà rentré en Belgique: le Manneken Pis !

Chez Jacky Manneken Pis

 

Olatra au soleil

 

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Vivre différemment : deux mots qui résument ce que je cherchais et ai trouvé à Mahambo à l’occasion de mon 24ème séjour à Madagascar (4 novembre – 4 décembre 2015). Un peu plus longtemps sur place que d’habitude et… en bougeant le moins possible. Je suis seulement allé trois fois à Fénérive Est pour des courses importantes : renouveler l’assurance du scooter, une grosse commande de produits Homeopharma, et des équipements pour le campus : matelas, lasure pour de nouveaux meubles, moustiquaires.

Le plus dur, ce sont les deux grands voyages proprement dits, à cause de la circulation parisienne et en raison des (longs) temps d’attente dans les aéroports et pour les transports intérieurs. Même avec Cotisse, la compagnie de minibus qui respecte ses horaires, la liaison Tana-Tamatave est pénible : la route est pratiquement sans cesse tortueuse et la musique tonitruante (le chauffeur prétend qu’il en a besoin pour ne pas s’endormir !). Le fait qu’il y ait le Wifi à bord (incroyable mais vrai !) n’est qu’un incitatif commercial, car c’est un « confort » inutilisable : vu les cahots de la route, frapper sur une touche précise est quasi impossible, sans compter le mal de voiture… Ensuite, dans le taxi-brousse entre Tamatave et Mahambo, j’ai maintes fois serré les fesses : le chauffeur roulait comme un fou, traversant à fond la caisse les petits villages où des troupes d’enfants se rendaient à l’école ; il ne garderait pas longtemps son permis de conduire chez nous ! Pourtant, ces deux jours complets, à l’aller comme au retour, offrent de bons moments ; je n’ai pas honte à le dire, j’ai eu plaisir avec 4 films dans l’avion de Corsair : « La vie secrète de Walter Mitty », « Barbecue » (un groupe de copains en couples, après l’infarctus d’un des leurs), « Nos femmes » (avec un duo époustouflant D. Auteuil / C. Berry) et l’étrange « Le tout nouveau testament » de mon compatriote Jaco van Dormael. La cafétéria des vols nationaux à Ivato est recommandable : j’y passe toujours de bons moments pour un repas près de l’unique prise de courant… où je peux brancher mon notebook. Il y a aussi les rencontres : ainsi, dans la salle d’attente de Cotisse à Ambodivona, la gare routière de Tana, des retrouvailles avec Nary et Héry, qui étaient de passage dans le coin ; ou encore un échange agréable avec le directeur du lycée privé Price à Tamatave : il est bien d’accord avec moi qu’une priorité des autorités politiques doit être d’instruire et former les jeunes Malgaches !

Quand j’arrive chez moi, mes amis Fara et Faly sont là, en plus de Paul et de sa sœur Vavrina, avec un petit déjeuner prêt : le bonheur ! Comme elle ne travaille plus au récif, je vais embaucher Vavrina pour m’aider au ménage. Le premier jour est toujours un peu « perdu », car il faut récupérer du voyage et déballer les bagages, tout en recevant les premiers visiteurs qui viennent gentiment dire bonjour. Le scooter est à aller chercher chez Raoul, qui me met au courant des actualités du village. Le temps, à mon arrivée, n’est pas engageant : ciel gris et fin crachin, m’incitant à remettre au lendemain ma première baignade dans l’océan Indien. Il fera cependant beau tout le reste du séjour, et les Malgaches croiront que c’est moi qui leur ai apporté le soleil : un comble pour un wallon venu de la rude Ardenne !

Peu de soucis pendant ce séjour, aucun problème de santé – au contraire, alors que j’étais parti plein d’appréhension à ce sujet, notamment à cause d’une hernie discale découverte en septembre – mais seulement des « combats » matériels, essentiellement dus à mon système énergétique : les deux panneaux solaires, les deux nouvelles batteries et les deux convertisseurs n’ont pas fonctionné comme il aurait fallu pour que je ne sois pas stressé pour mon petit congélateur utilisé comme frigo. Quant aux ampoules-led Ikea (6W seulement pour une luminosité équivalent à 60W), elles se mettent à clignoter au bout de 10 minutes. Le scooter aussi a fait des siennes, puis il s’est repris grâce aux bons offices de Raoul. Bref, « tsi manino », ce qui veut dire en malgache « ce n’est pas grave ».

De nouvelles batteries, normalement plus performantes Premières visiteuses

Au début d’un séjour, il faut tout remettre en route en ce qui concerne les provisions usuelles et malgré la sollicitude de Fara, qui a prévu un kit de base. Fruits, légumes et viande au marché, épicerie chez Dimla, poissons près du pont sur la route vers Fénérive, autant de rituels qui vont rythmer mes journées à Mahambo.

Le boucher au marché Poissons du pont

Ce sera aussi le cas des petits cours de français et anglais au campus pour les élèves de Mitsinjo, et les séances de cinéma le soir quand ils envahissent le living… J’ai ainsi pu leur montrer, outre des films d’animation (« 101 dalmatiens », « Pingouins de Madagascar »), un documentaire de Arte sur le train de Fianarantsoa à Manakara, « Intouchables » avec Omar Sy, « Skyfall », un bon James Bond, ou encore une « bande de lancement » réalisée par le groupe français Surf4smile, venu en août pour promouvoir ce sport sur la côte près d’Ambatomalama où habite mon ami Gérard.

Les vêtements apportés sont installés sur le lit de la chambre d’amis : les familles amies qui passeront pourront choisir ce qui est intéressant pour elles et surtout leurs enfants. Il y a un lot de tout petits vêtements, qui conviennent parfaitement pour les petiots de Norosoa et Rivela chez Zoë.

La chambre d'amis La petite Fandresina

Parlons du campus Mitsinjo : y habitent actuellement 17 jeunes élèves du CEG voisin ; 16 sont dans les maisonnettes tandis que Catherine loge dans sa famille (la maison de la gardienne Amélie). Ils sont en moyenne plus jeunes que les deux années précédentes. Aucun(e) n’est en 3ème, année du BEPC, et il n’y aura pas de mouron à se faire à ce sujet en fin d’année – en effet, aucun des 5 qui se présentaient à cette épreuve nationale n’avait satisfait à la fin de l’année scolaire précédente, ce qui était plutôt démoralisant. Ces élèves, plus jeunes, se sont montrés bien plus réceptifs et ouverts aux leçons que je leur ai proposées chaque jour ; ils ont aussi assez facilement accepté de venir chaque dimanche après-midi se baigner à la mer. Bref, beaucoup de bons moments avec eux. Vous ferez connaissance avec eux en fin de compte rendu.

Le kiosque à Mitsinjo Plage de chez Coupie

Il y a aussi deux familles qui sont hébergées sur le campus: Norosoa, son mari Fano et leurs deux enfants Fasendrina et Antonio sont dans la maison « Bruno », tandis que Lydia (sœur de Claudis et mère de Francelin) et son mari Etienne habitent chez « André » : à 40 ans, Lydia est à nouveau enceinte… Ces adultes apportent au site une tonalité plutôt positive, en ce qui concerne la propreté des lieux, la surveillance des jeunes et l’ambiance tout court…

La famille de Norosoa Lydia chez André

Propreté du campus Ambiance à Mitsinjo

Une nouvelle d’importance : le gardien Thierry, qui était parti à Foulpointe, n’était donc plus là en mai-juin. Surprise : il a réintégré la maison « Serge et Christian » - avec un doigt en moins qu’il a perdu dans une scie circulaire - et retrouvé sa femme Amélie et leur fille Vola. Je l’embauche aussitôt, ce qui l’arrange bien (il pourra s’acheter un vieux scooter à rafistoler !), pour fabriquer de nouveaux lits, une table et deux tabourets, afin que chaque élève ait son lit personnel. C’est chez Dérice, le magasin à la sortie du village en direction de Foulpointe, qu’on peut acheter les matériaux divers (bois carrés, planches, clous, nouveau tapis de sol pour le remplacer là où c’est nécessaire, etc.). A Fénérive, je trouverai une dizaine de matelas, et voilà les maisonnettes mieux équipées, y compris en moustiquaires pour protéger les jeunes du palu (malaria transmise par l’animal… finalement le plus dangereux de la Grande Ile). Malgré cela, j’ai dû faire à deux reprises appel à Simonette, la sage-femme de Mahambo, qui fait très souvent office de doctoresse, y compris pour installer des perfusions, faire des piqûres, etc. Pour ma maison OLATRA, c’est Faly qui a confectionné un nouveau coffre, protégé par mon gardien Paul avec de la lasure.

Thierry à Mitsinjo Nouveaux lits

Nouveaux matelas Nouveau coffre

Nouveau tapis de sol Chez Dérice

Quelques moments plus saillants dans un séjour globalement paisible :

* J’ai eu l’occasion de faire connaissance avec un groupe de Français venus d’Ardèche : Monique et Lucien – qui m’avaient déjà contacté par mail –  ont fondé l’association des « Amis de Labastide de Virac 07 – Mahambo ». Ce n’est pas leur première visite à Mahambo ; accompagnés de 8 autres vazaha, dont Catherine l’organisatrice du voyage, ils viennent installer des latrines (24 sont prévues !) en divers points du village : c’est Faly qui coordonne ses travaux pour lesquels ils mettent aussi eux-mêmes « la main à la pâte », si j’ose dire, surtout les deux hommes, Jeannot et Lucien. Suite à leur visite du campus, à deux repas pris ensemble le soir à Ylang Ylang et à un goûter chez moi sur la terrasse, deux couples décident de faire construire par Faly deux maisonnettes supplémentaires à Mitsinjo ; ils s’engagent en outre à assumer les frais liés à l’hébergement des jeunes (ameublement, frais médicaux et de scolarité, etc.). Dans ces conditions, malgré mon souci de rester « raisonnable » pour pouvoir être fidèle à mon projet dans la durée, pourquoi refuser leur généreux don ?

Pour sceller leur action au profit de l’hygiène, ils ont proposé un jumelage entre la commune française et le village malgache : une plaque est apposée à l’entrée de Mahambo.

Ardéchois à Olatra Plaque de jumelage

* Et le CEG ? Un point positif, d’abord : il y a de nouvelles portes et volets aux locaux de classe ; par contre, la pompe installée naguère, et donc les deux WC construits dans la foulée, sont de nouveau inutilisables. D'autre part, il y a espoir de voir l’école alimentée en eau prochainement : une tranchée a été creusée tout le long de la route nationale et jusqu’au site scolaire (des ouvriers installaient de longs tuyaux pendant que j’étais là), mais le directeur m’a laissé entendre qu’ils ne pourraient sans doute pas se raccorder… pour une question d’argent ! Pourquoi la municipalité ne ferait-elle pas cadeau de l’eau à cette école publique qui relève de son administration ? Le maire actuel y fut d’ailleurs directeur jadis.

Travaux au CEG La pompe du ceg

De l'eau pour le CEG Collège privé

Pour essayer d’établir une comparaison avec ce qui est annoncé comme un « collège privé » à l’entrée de Mahambo, à droite quand on vient de Foulpointe, j’y ai fait une petite incursion un samedi : les locaux de classe ne sont pas en meilleur état, la propreté du site est même moindre, et les sanitaires… semblent démontrer que les jeunes n’en ont pas grand souci.

WC au CEG WC au collège privé

* Chaque dimanche, je l’ai déjà écrit, les églises sont remplies. La religion reste un point d’ancrage fort pour une population vivant dans la pauvreté ; en témoignent non seulement les édifices imposants, comme la nouvelle église des protestants FJKM et l’église catholique (en reconstruction), mais aussi les nombreuses sectes qui ont fleuri : Jesosy Mamonjy, l’église Rhema, l’église Flamme de Dieu, la Nouvelle Jérusalem, etc., à côté d’autres plus connues comme les Témoins de Jéhovah.

Eglise FJKM Jesosy Mamonjy

Nouvelle Jérusalem Kristy

* Plusieurs décès ont eu lieu pendant mon séjour, y compris celui d’une adolescente, élève au CEG. C’est chaque fois l’occasion pour les Malgaches de se rassembler en très grand nombre, dans et autour de la maison du défunt, pour manifester leur sympathie – traditionnellement concrétisée par une enveloppe avec un billet – à la famille éplorée. Une voisine qui n’avait pas 30 ans est morte la veille de mon arrivée : j’ai aussitôt rendu visite à ses parents et à sa sœur Hortense, car j’ai à l’égard de celle-ci une double dette de reconnaissance ; c’est elle, en effet, qui m’a permis de retrouver Jeanne et la petite Stéphanie , puis de visiter la maison à vendre que j’allais acheter en 2008.

* J’ai mis à profit le calme de ce séjour pour perfectionner mes connaissances en botanique tropicale et locale, grâce à deux ouvrages de base, mais aussi aux connaissances de Raoul et de Dominique Bos.

Deux livres vraiment recommandables : Jean-Jacques SEGALEN, « Plantes et fruits tropicaux des îles de la Réunion et de Maurice », Jade Editions, Ile de la Réunion, 2011 (superbes photographies en couleurs) ; Aline TERNISIEN et Fabrice LE BELLEC,  « Mon jardin tropical – Guide de jardinage Antilles et Réunion », Editions Orphie, 2002. C’est grâce à cet ouvrage, que m'a prêté Raoul, que j’ai découvert le nom de la fleur rampante, emblématique de mon jardin : Heterotis rotundifolia. Une autre vedette de cette région, souvent utilisée pour des petites haies, avec des tiges vertes comme du bois de crayon, a de minuscules fleurs si discrètes qu’on les remarque peu : il s’agit de Pedilanthus tithimaloides avec une toute petite fleur rose en forme de « pantoufle de Cendrillon » (j’aurais aussi pensé à une petite crevette), d’où son nom de pantouflier. Je l’ai photographiée dans mon jardin le 27 novembre.

Je dois mentionner aussi que ma voisine Marguerite, qui a mon âge, m’a gentiment offert quelques plantes à repiquer pour mon jardin, notamment un arbuste à tige carrée et feuilles duveteuses en forme de cœur, dont le port est étalé et désordonné, mais qui donne de belles fleurs violettes en grappes dressées : Tibouchina grandifolia. Elle se trouvait dans mon jardin quand j’ai acheté Olatra en janvier 2008 : c’est seulement maintenant que j’ai pu l’identifier !

Tous ces noms latins sont indispensables pour nommer scientifiquement les êtres vivants ; ils sont parfois difficiles à prononcer, mais pas plus que l’humour d’un vazaha résident à Mahambo, qui a orné son portail d’une plaque évoquant une rue de chez nous – c’est de la même veine que le nom d’une maison de campagne en Gaume (Belgique) : « Les cénobites tranquilles ». C’était la minute d’humour que, j’espère, vous ne trouverez pas de (trop) mauvais goût…

Heterotis Dominique Bos

Pedilanthus Fleur de pantouflier

Tibouchina Humour de vazaha

Dominique Bos est un vazaha qui habite un peu en dehors de Mahambo, le long de l’ancienne route qui longeait l’océan. Il a passé une bonne partie de sa vie à travailler pour une ONG. Avec sa compagne Hortence, il cultive de nombreuses plantes et a eu la patience de me faire visiter son jardin. J’y ai pris plusieurs photos, et ai pu voir quelques merveilles déjà connues, mais aussi des variétés de fleurs tropicales non encore observées, notamment un Allamanda cathartica à fleurs roses et Thevetia peruviana à fleurs jaunes.

Fleur de grenadelle Eltingera elatior

Allamanda rose Thevetia

J’ai eu aussi l’occasion de revoir Jean Girard, un Français qui a acheté un grand terrain en bord de mer tout près de mon lieu de baignade favori. Il rêve d’en faire un « eden végétal » et son projet prend forme peu à peu, avec l’assistance d’une gérante et d’ouvriers locaux. Il a complanté une allée depuis l’entrée du terrain jusqu’à la mer, notamment avec la « neigeuse » (ou encore la « lépreuse »), un joli arbrisseau à fines feuilles tachées de blanc, qui, ce qu’il dit est vrai, « éclaircissent » le bord du chemin… Ce qui éclaircit aussi un jardin, c’est le sourire des enfants, comme celui de Mirinda !

La lépreuse Mirinda à Olatra

Le long de ma plage favorite, que je fréquente chaque jour de grand matin et au crépuscule, certains arbres me sont devenus familiers : le Barringtonia asiatica et le Terminalia catappa : avec leurs grandes feuilles oblongues devenant rouges avant de tomber – comme les aiguilles des épicéas chez nous, jamais toutes d’un coup – mais leurs fruits sont très différents : ceux du premier sont plus gros qu’une balle de tennis, en forme de bonnet d’évêque ; l’autre forme des fruits semblables à des amandes un peu ailées : très dures, elles tombent vertes au sol puis noircissent assez rapidement. Certains arbres sont encore mystérieux : les locaux ne peuvent me renseigner et mes livres ne sont pas assez exhaustifs…

Le long chemin qui borde le terrain de football, je reconnais à présent facilement Stachytarpheta jamaicensis, mais n’ai pas encore pu mettre de nom sûr à une sorte de gaillet dont les petits fleurs sont rondes et blanches : tout ce que je sais, c’est que les habitants d’ici considèrent cette plante comme une « peste végétale », selon leurs propres termes…

Barringtonia Terminalia catappa

Les fruits du Terminalia Stachytarpheta

Arbre inconnu Fruits de la plage

A chaque séjour, j’ai l’occasion de prendre quelques repas chez mes amis malgaches (Fara et Faly, Raoul) et vazaha (Gérard, Emile de Foulpointe), mais aussi de les recevoir à Olatra : très souvent Vavrina, Paul et Kamisy, ou encore Marguerite, Tantély, la famille de Sahamalany, etc. C’est avec beaucoup de fierté que je leur fais découvrir la charcuterie et le fromage de chez nous, les frites à la belge, le ragoût de zébu à la bière, les spaghettis bolognaise avec emmenthal râpé ou parmesan, le chocolat pour accompagner les bananes flambées. Vavrina semble prendre plaisir à cuisiner ces mets européens, qu’elle fait précéder par un plateau de crudités à la présentation épatante. Ces repas sont toujours de grands moments de convivialité.

repas avec Gérard Gérard et Vavrina

Raoul et Santa Sahamalany

* Novembre est le mois des litchis, le fruit emblématique de la côte Est. Au jour fixé – aussi rigoureux que pour la vente du Beaujolais nouveau ! – les camionnettes passent et repassent sur la N5, jour et nuit, provoquant une circulation vraiment inhabituelle qui, jointe à la chaleur nocturne, perturbe le sommeil des riverains. Fara s’est lancée dans ce business qui met du beurre dans les épinards de leur budget familial : il leur faut, en effet, payer les études de Felana à Tana et celles de Chantal et Manjato à Fénérive Est. Grâce à mon gardien Paul et à d’autres Malgaches, je n’en achète jamais, profitant du fruit de ses petites maraudes et des cadeaux offerts par les familles amies ou les parents des jeunes du campus. La plupart sont transformés en confiture : elle est parfaite pour accompagner le foie gras des fêtes de fin d’année. Certains finissent, dénoyautés, dans du rhum blanc Dzama, pour devenir un délicieux rhum arrangé…

Litchis Mon gardien Paul

Kamisy Veny et son Gérard

La fin de mon séjour a été assez mouvementée. Alors que je quittais le mercredi 3 décembre au matin, le mardi soir il a fallu intervenir pour conduire un des élèves du campus chez Simonette, à cause d’une crise de palu. Gérard m’a amené à la gare routière bien à temps pour prendre le Cotisse de midi, qui arriva à Tana à 19h30’. M’attendait là Michel, un jeune pharmacien fraîchement diplômé, cousin de la femme de Raoul. Il souhaitait me rencontrer avant mon départ prévu le lendemain matin à Ivato. Il rêve de venir en Europe faire une spécialisation en pharmacologie. J’ai découvert avec stupéfaction ses conditions de vie dans la chambrette qu’il occupait jusqu’à présent à la cité universitaire de Tana : il m’y a hébergé, au milieu des étudiants de l’enseignement supérieur, qui ont des « sanitaires » qu’on ne tolérerait pas dans nos prisons…

Dès le lendemain matin, Michel m’a amené au centre de Tana où m’attendaient Nary, des représentants de l’association Voara  et… une délégation de la municipalité d’Arivonimamo ,le maire nouvellement élu en tête. Désireux de « jumeler » leur commune avec celle de Neufchâteau, ils m’ont remis une lettre pour le bourgmestre de Neufchâteau. L’éventuelle suite leur appartient…

Michel pharmacien Arivonimamo

Il me reste à vous laisser en compagnie des 17 jeunes du CEG qui sont logés au campus Mitsinjo du dimanche soir au vendredi. L'autre cliché associe Fara et Faly avec les trois familles qui vivent également sur le campus, toute la semaine. C’est en avril que je les retrouverai…

Le groupe des élèves Groupe complet au campus