2009

La chance, une fois encore, est avec moi : j'ai eu l'occasion d'acheter, depuis le château de Malleret en Haut-Médoc où j'étais en prospection mycologique avec des amis de Bordeaux, un billet bon marché aux enchères de Nouvelles Frontières: 385 euros Paris-Antananarivo aller-retour, c'est donné ! Court 10ème séjour à Mada, certes, mais qui me permet d'aller voir où en est ma maison et si tout va bien pour mes amis d'Andasibe et de Mahambo. Pourtant, dans l'avion même, deux rencontres auraient pu me décourager: un Malgache, chauffeur-guide à Mada, et un vazaha dans les affaires, sont très pessimistes quant à l'avenir du pays: selon eux, la méfiance reste de mise entre les ethnies, les Malgaches ne disent jamais ce qu'ils pensent (même à l'intérieur des couples!), il faudra des années au pays pour se redresser de la situation politique (conflit entre M. Ravalomana et A. Rajoelina) et économique troublées. A Tana, peu de touristes descendent de l'avion et... le visa est devenu gratuit. C'est un signe qui ne trompe pas: les autorités essaient d'attirer des visteurs en nombre décroissant.

Faut-il être aussi pessimiste ? L'accueil est en effet toujours aussi chaleureux, de la part de l'association VOARA (voir les infos pratiques - Ecoles). Les élèves de Neufchâteau (Belgique) ont récolté une somme coquette pour offrir à leurs correspondants malgaches du matériel informatique à usage pédagogique, que je leur apporte (ordinateur notebook) ou qu'ils ont acheté sur place (imprimante, cartouches d'encre et feuilles de papier).

L'arrivée à Andasibe est plutôt morne: il pluvine, il n'y a qu'un seul guide présent à Mitsinjo et... il n'est pas à jeun. C'est le week-end, d'accord, mais il pourrait y avoir des clients pour visiter la réserve gérée par l'association... Quant aux posters didactiques que j'ai apportés pour les écoles de la région, ils n'attirent guère son attention, et j'en suis tout triste.

 poster pour les écoles

C'est donc avec amertume que je reprends la route en compagnie de Tô, dès le lendemain matin, vers Tamatave, où j'achète toujours des objets d'artisanat pour ramener en Belgique, puis Mahambo.

(à suivre)