2018

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AES 

29ème voyage à Madagascar (du 10 janvier au 9 février 2018)

Grande première: je pars cette fois de Roissy Charles de Gaulle avec Air Austral, compagnie basée à La Réunion et qui me promet d’être à Mahambo en pratiquement  24h, tous trajets compris. Pari tenu, puisque, parti de Neufchâteau en voiture à 13h, je suis le lendemain à Olatra dès 14h30. Quelle économie de temps par rapport à Corsair qui me déposait à Tana, et de fatigue puisque j'évite le pire: les 9h de minibus pendant la nuit pour gagner Tamatave ... où il me restait encore 3h de taxi-brousse jusque Mahambo! Le secret? On évite l'agglomération parisienne à traverser pour gagner Orly, la même compagnie aérienne propose un billet combiné (pas tellement plus cher que Orly-Tana) avec un vol pour Tamatave aussitôt après l'atterrissage à St Denis; évidemment, j'ai aussi la chance d'être récupéré en fin de matinée par mon ami Gérard ...

Après un voyage sans histoire, je découvre que l'état de la RN5 Tamatave-Mahambo a encore empiré. Les dégâts provoqués par un récent cyclone sont encore très visibles aux alentours de Foulpointe: arbres cassés, poteaux électriques abattus, avec les fils au sol, et ce sont évidemment les petites maisons des pauvres qui ont le plus souffert ... Le ciel est gris et il n'y a pas eu beaucoup de soleil les jours précédents: les panneaux photovoltaïques ont été peu efficaces, et le congélateur ne peut fonctionner qu'une demi-heure. Vite, les premières courses, surtout de l'eau potable à la mairie: occasion de me rendre compte que tout a augmenté, surtout les légumes, y compris l'essence pour mon scooter. L'accès à ma plage préférée est difficile, tant l'eau a envahi tous les creux de la piste vers chez Véro. La mer est d'ailleurs mouvementée (trop pour pouvoir nager) et la configuration de la plage est un peu modifiée.

Mon arrivée-surprise est commentée par mes amis Malgaches, car ils ne s'attendaient pas à me revoir si tôt. Je leur explique que le temps de l'horrible mois de décembre 2017 m'a incité à revenir à Madagascar pour y passer le mois de janvier qui, depuis plusieurs années, se révèle défavorable à ma santé pulmonaire ... Le ciel est tout à fait bouché et il pleut sans cesse: je ne peux toujours pas mettre en route mon frigo. Les jeunes du campus passent dire bonjour et montrer leur bulletin de Noël, du moins ceux qui en ont un satisfaisant. Chaque jour quand elle rentre de l'école, la petite Arliny vient me montrer son cahier et on fait ensemble les petits travaux demandés par l'école. Pas de baignade vespérale, mais du jus avec les grenadelles (fruits de la passion), dont c'est la saison.

fruit de la passion En fête pour l'école

A Sahamalany, dans la famille de Juliette et Raymond, Thonia a eu un bébé, un petit Kendjo ... Je pars là-bas avec Vavrina, sa copine, et quantité de vêtements pour bébé car l'heureux événement était prévu dès novembre.

le bébé de Thonia Kendjo

Heureusement, 3 jours après mon arrivée, le soleil se remet à briller généreusement. A la plage, la mer est bonne et je peux enfin nager. Le réseau téléphonique, très perturbé depuis jeudi, fonctionne à nouveau et je peux donner des nouvelles par SMS à Christiane. Au marché, les légumes (tomates, carottes, pommes de terre) sont presque au même prix que la viande: sans doute une conséquence du récent cyclone, et de la route qui ést si mauvaise que les taxis-brousse demandent des suppléments. Le soleil après la pluie, c'est la garantie d'une végétation luxuriante. Dans mon jardin, j'observe pour la première fois un hibiscus blanc; chez Véro, des combava (de la famille des Citrus; ce sont les zestes de sa peau rugueuse qu'on utilise en cuisine créole, car son parfum est extraordinaire); chez Raoul, le jasmin de nuit, très odorant en début de soirée, et Costus speciosus , de la grande famille botanique des gingembres.

Hibiscus blanc combava

Costus speciosus Jasmin de nuit

Plusieurs élèves du campus sont malades, et ... moi aussi: sans doute les fortes chaleurs qui ont succédé à la pluie provoquent-elles une humidité maximale (95%) de l'air: mes problèmes d'asthme et de toux réapparaissent. Pour aller au campus par le chemin le plus court, il faut passer par le champ de riz de Doris et j'ai de l'eau presque jusqu'à la taille, puisque je dois même enlever mon short et traverser en slip (non, vous ne verrez pas de photo!). Je rappelle aux élèves qu'ils doivent impérativement avoir une moyenne de 10/20 à leur bulletin de Pâques, et être classés dans la première moitié de leur classe. Dès que le terrain ne sera plus spongieux, j'engagerai un jardinier pour quelques jours. Il devra bien entendu préserver mon carré d'ananas, qui s'épanouissent peu à peu.

Le jardinier Paul ananas futurs

A quelque chose, malheur est bon : avec le bois des arbres tombés lors du cyclone printanier de 2017, Faly me fait confectionner 4 nouveaux tabourets par un menuisier du village. Quand on n'est pas bien physiquement, les petits soucis matériels et les contrariétés sont montés en épingle par le "psychologique": ainsi mes ennuis avec le scooter (qui ne démarre que quand il veut bien, ne "tire" pas et s'arrête plutôt que de garder le ralenti), ou encore quand je me rends compte que les jeunes du campus ne comprennent pas grand chose lors des projections de cinéma le soir: par exemple, ils ne repèrent par les bons et les méchants dans un simple dessin animé de Tintin ... On est plus vite découragé quand la santé n'est pas au top. Cependant,  les contrariétés matérielles ont souvent une solution assez rapide dans ce pays : Gaston, un réparateur local, découvre que tous les fils des commandes du scooter ont été rongés par une souris : il faut une matinée pour les réparer un à un.

Les nouveaux tabourets Gaston répare le scooter

Comme chaque séjour, je profite d'invitations bien sympathiques chez des vazaha: la galette des rois avec du champagne chez Bénédicte et Eric, qui ont un gros élevage de poules pondeuses près de Foulpointe; chez Dominique, pour fêter nos deux anniversaires, etc. Et j'ai toujours plaisir à recevoir aussi sur la terrasse de ma maison: toute la famille de Sahamalany avec Fara et Faly, Emile et ses deux employées, etc. Quant aux autres visites, qui se succèdent an fil de jours, ce sont des enfants qui espèrent une tartine de choc, des personnes âgées qui viennent voir si je n'ai pas pour elles une paire de lunettes de lecture. Mila, qui n'a jamais parlé, et sa petite ... Mila qui commence à gazouiller - quand on sait que ce verbe en grec ancien veut dire parler ! - ou encore des jeunes de Mitsinjo qui viennent lire et dessiner sur la terrasse.

Chez Dominique Bos La famille de Sahamalany

Emile à Olatra les deux mila

Quant à Raoul et Santa, je les rencontre quasi quotidiennement, car c'est chez eux que je repasse après la baignade: c'est un moment de détente toujours apprécié, et où je peux parler en toute liberté et observer des plantes magnifiques.

Acalypha hispida Billbergia pyramidalis

C'est aussi Raoul qui a accueilli pour quelques jours, sur son grand terrain, un groupe de 72 élèves d'une école privée d'expression française de Tamatave: "La Petite Bulle", avec la directrice Mme Emmanuelle. Tous les cours et activités (variées, depuis les initiations artistiques, à divers sports, jusqu'aux sorties et voyages compris hors de Mada) ont lieu en français. Les élèves sont de familles aisées (quelle différence de frais d'inscription !) et soucieuses de l'avenir scolaire des enfants. Seul le lycée français de Tamatave est plus chic. Les élèves montent eux-mêmes de grandes tentes et assurent leur intendance.

Emmanuelle et Raoul montage de la tente

Nous avons organisé pour eux  une visite de Mitsinjo, pour que les jeunes puissent se rencontrer, à l'intérieur même de petites maisonnettes. Initiative fructueuse, je pense, pour qu'ils  puissent se rendre compte de leurs ressemblances et différences. Par exemple, lors de la projection des "Vacances du Petit Nicolas" sur un grand mur blanc près de chez Raoul, ce sont surtout les élèves qui venus de Tamatave qui riaient aux scènes comiques, car ils maîtrisent parfaitement le français, alors les jeunes de Mahambo ne le possèdent pas suffisamment et ... ont pu s'en rendre compte! Ils comprennent sans doute mieux pourquoi j'insiste tant sur la connaissance d'une langue qui n'est pas le malgache, et qui est indispensable pour s'élever dans l'échelle sociale.

Le sentier vers le campus Rencontre des jeunes sur le campus

Le groupe des jeunes ensemble

Evidemment, je continue mes découvertes botaniques et suis loin d'être au bout de mes émerveillements.

Girofle Tambourissa leptophylla

Plus sérieusement, qu'est-ce qui a changé à Mahambo depuis 10 ans que j'y ai acquis ma maison? Pas grand chose, si ce n'est le téléphone portable, qui a tendance à se généraliser ... et à rafler les petites économies des Malgaches, ce qui me rend bien triste; il y a maintenant quelques vélos-pousse, et Vavrina peut, grâce à la petite aubette construite en bord de route, vendre des beignets faits maison, des petites assiettes de pâtes, et des boissons fraîches avec l'aide de mon petit congélateur; mais globalement, la situation des indigènes n'est pas meilleure, voire pire. Le CEG, le dispensaire, les routes, la sécurité (2 cambriolages pendant mon séjour)? N'en parlons pas ...

Vélo-Pousse L'aubette de Vavrina

J'aimerais, avant de refermer cette page, féliciter encore et remercier l'équipe des adultes qui "tiennent le pot droit" au campus Mitsinjo: Fara en tout premier lieu, qui se dévoue sans ménager son temps au profit des 22 jeunes; Amélie, la gardienne, qui veille à ce que chacun soit où il doit, et assure la distribution du riz le lundi matin; Norosoa, enfin, qui ajoute la touche familiale (avec ses deux petits Fandresina et Antonio) et contribue à la propreté et même au caractère fleuri et coquet des lieux. Pour ma maison, j'ai la grande chance de pouvoir compter sur Vavrina, qui garde la maison en mon absence, pour les tâches ménagères (nettoyage, lessive) et surtout la cuisine: je me félicite de ses passages antérieurs dans les restaurants du coin , car (chut! ne le dites pas ...) le meilleur restaurant de Mahambo, à présent, c'est chez Olatra. Je m'en voudrais d'oublier Faly, qui accourt dès que j'ai besoin de lui: ses talents de bricoleur-dépanneur font toujours merveille.

Les responsables du campus Olatra le matin

*

30ème séjour à Madagascar (du 16 mai au 8 juin 2018)

Alors que j'avais été totalement satisfait d'Air Austral en janvier-février, une mauvaise surprise m'attendait à l'aéroport Charles de Gaulle: on m'annonce que l'avion de St Denis à Tamatave est supprimé et remplacé par deux vols avec Air Madagascar (vers Tana d'abord, puis de Tana à Tamatave). Pas d'autre explication, sinon qu'une convention est passée depuis peu entre les deux compagnies aériennes. Ma crainte est double: que ma deuxième valise, achetée avec les points de carte de fidélité "Capricorne", ne soit pas acceptée par Air Mad - surnommée par ailleurs "air peut-être" par les vazaha. Vite, prévenir Gérard que j'arriverai 4 à 5 heures plus tard, c'est-à-dire en fin d'après-midi; or, Gérard, qui vient me chercher, déteste rouler le soir, et on comprend vu l'état de la route ... A Tana, le visa est passé à 35 € ou 115.000 ar. (au lieu de 80.000 ar. en janvier), mais il n'y aura pas de douane à Tamatave, puisqu'il s'agit d'un vol intérieur. Il fait nuit quand nous arrivons à Mahambo, où Fara, Faly et Vavrina ont  préparé un souper. Comme il y a eu peu de soleil, les batteries faiblissent bien vite. Je suis quand même très heureux d'avoir retrouvé mon petit paradis.

La première baignade, le lendemain matin, est bonne, après le " tonga soa""(bienvenue) de 4 élèves du campus Mitsinjo, qui sont déjà là pour dire bonjour. La première journée, ce sont essentiellement les courses quil' occupent: depuis le sucre jusqu'aux spaghettis, en passant par l'huile, la farine , les oeufs, les légumes, les fruits, les boissons, le riz et le charbon de bois, du sel,du poivre, etc. Le scooter, rangé en dessous de la maison, démarre du premier coup. Ouf ! Faire le tour de mon domaine aussi, où je constate que les canaux ont été curés, grâce aux hommes de Faly, et que Dominique B. a planté des arbustes le long de la façade nord. Les ananas, plantés il y a un an, ont bien poussé aussi. Un papayer s'élance près du dépotoir du fond de mon jardin (il n'y a pas de ramassage des ordures ici): il est prometteur en fruits!

L'arrière de la maison Les canaux curés

Les ananas plantés Papayer

Ma "boule chinoise",  à leds s'allllumant automatiquement au crépuscule, est installée suspendue à une tige de bougainvillier qui orne l'entrée de Olatra. Premier poisson aussi, acheté à une femme de pêcheur qui passe d'habitude chez moi: les sabres - longs poissons plats, tout à fait comme des ceintures - sont abondants pour le moment. 

Boule chinoise poissons au marché

Comme la mairie ne vend plus d'eau potable, il faut la faire venir par taxi-brousse de Fénérive, en bidons de 20 L. Cela me donne l'occasion de signaler  que les taxis-brousse fonctionnent bien et sont très efficaces: on peut s'arranger avec eux pour à peu près tout. Même choisi au niveau local, avec les vélos-pousse. On trouve maintenant des petits panneaux solaires (30 x 25 cm) + batterie, à prix démocratique, qui conviennent bien pour deux ampoules dans les petites maisons locales: j'en équipe celles de Vavrina et de Zoe. Cela permet aux enfants de faire leurs devoirs quand le soleil est couché, ce qui arrive tôt ici, particulièrement en cette saison où il fait pratiquement noir vers 17h30'.

Vélo-Pousse panneau solaire pour Vavrina

Première leçon de français au campus, où je retrouve les élèves, très gentils et accueillants, malgré leurs mauvais bulletins à Pâques. Je leur partage mon découragement provisoire et les encourage à redresser la barre d'ici la fin de l'année scolaire. Tout en les  félicitant pour leur esprit positif: devenir des garçons et des filles sympas et polis, c'est très important aussi! Aujourd'hui, pas de cours au CEG pour cause de réunion des professeurs; les 3 jours suivants, ce sera le long week-end de la Pentecôte ... Premières visites: Josiane, fille de Marcelline et soeur du petit Jean-Claude, avec son fils Toltra; Varisoa, la grande mère du petit asthmatique Agostino; Zoé accompagnée de Rivela et Mirinda: le train train déjà, quoi.

Josiane et Toltra Agostino et sa mamy

Dans la maison de Vavrina logent provisoirement un cousin et son épouse qui vient de donner naissance à un bébé de 5 jours. J'ai apporté des tenues pour tout-petits qui font merveille! Au début de mon séjour, le ciel est souvent voilé et les averses fréquentes, mais à la plage, l'eau est merveilleuse et je nage de plus en plus loin. C'est par Raoul, chez qui je repasse toujours volontiers, que j'ai des nouvelles du coin, notamment des vazaha. Il fait malheureusement noir très tôt, entre 17h30 'et 18h. Pour la première fois, je supporte un fin pull en fsoirée (oui, il fait un peu frisquet!) et je me mets dans lit plutôt que simplement dessus ... tandis que la "musique" du bal poussière au centre du village, pourtant distant de plus d'un km, c'est lancinante ... comme tous les week-ends ! C'est la saison des mandarines, des corossols et des grenadelles, pour des jus royaux au petit déjeuner, mon meilleur repas de la journée, avec un oeuf au bacon, du jambon et du fromage amenés, de la confiture (maison ou d'ici) et deux tasses de café, alors que mes visiteurs préfèrent du thé et du "beurre" (Jadida, la margarine locale) ou, les enfants surtout, du choco Nutella. C'est souvent alors qu'arrivent Norosoa et ses deux petits, Fandresina et Antonio, avec des besoins divers, par exemple une couverture (je peux comprendre!) Ou des kappas (tongs). Une expérience nouvelle: je suis invité à un grand déjeuner en pleine nature, à Sahamalany, où Faly et ses hommes aident Raymond à défricher un terrain. Il y a là aussi Thonia et son petit Kenjho, Juliette, Héry, Cynthia, Manjato, Badoda et Katita accompagnant Fara et Faly. Quel dommage d'avoir oublié mon appareil photo! Après un somptueux pique-nique sur une grande bâche, les enfants vont jouer dans un raidillon qui donne sur la rivière: pas de panique, alors chez nous les parents seraient certainement affolés!

Les vazaha s'invitent l'un l'autre, notamment pour pouvoir échanger sur divers sujets de conversation: Dominique B. (qui apporte toujours des fruits de la passion = grenadelles, en abondance) et sa compagne Hortence avaient demandé des pizzas: défi relevé par Vavrina qui, avec de simples poêles a relevé le défi et les a réussies aussi bien qu'avec un four; chez Eric, Gérard et moi découvrons une cuisine personnelle et originale; avec Santa et Raoul aussi, et bien sûr avec Fara et Faly. Emile me reçoit à Foulpointe, chez lui pour l'apéro puis à "La Cigale", le meilleur resto du coin.

Dominique et Hortence Chez Eric

Des élèves viennent lire ou dessiner sur la terrasse, des parents passent dire bonjour, parfois chargés de cadeaux (un poulet, un ananas, du riz malgache, des patates douces, des noix de coco, un corossol, etc.); Le soir, le cinéma divertira les jeunes: Ratatouille, James Bond, Danse avec les loups, en partie seulement : vous allez savoir pourquoi ...

Jeunes sur la terrasse Des fruits comme cadeaux

Dans la pelouse de Véro, que je traverse chaque jour pour aller nager, il y a des champignons, vu les averses fréquentes.

Gyroporus sp Gyroporus en coupe

On parle de grève à l'école et tout est désorganisé. Dans la nuit du 30 au 31 mai, entre 19h, moment où j'ai rangé dans ma chambre le petit videoprojecteur - juste avant l'arrivée de Raoul et Santa que je reçois pour le souper - , et 8h du matin, j'ai la surprise désagréable de voir que mes appareils électroniques ont disparu: smartphone belge, casque, tablette, videoprojecteur, disque dur externe (avec tous les documents et photos concernant Mada), et deux trousses, l'une contenant des lunettes de lecture à donner, l'autre mes accessoires (batterie de rechange, cartes micro SD, câbles divers et clés de réserve de ma maison!). Seule hypothèse plausible: le voleur, de corpulence très mince, a dû se glisser entre les barreaux de la fenêtre de chambre. D'abord découragé, je me resaisis, mais dépose tout de même à la gendarmerie locale la liste de ce qui m'a été dérobé. Peu d'espoir, bien sûr, de retrouver ce qu'on m'a volé. De plus, l'école est fermée et je ne reverrai plus tous les jeunes du campus, car il y a grève des enseignants. Celle-ci durait encore un mois et demi après mon retour. Autant dire que l'année scolaire est fortement handicapée; il semblerait même que les épreuves du BEPC (le brevet de fin de cycle secondaire inférieur) n'auront pas lieu au collège ... même si le journal La Tribune du 20 juillet  écrivait que "cette année scolaire 2017-2018 a accusé un retard de plus d'un trimestre pour les établissements publics, avec l'arrêt des cours durant l'épidémie de peste au mois de novembre, et la longue grève des enseignants. Certains enseignants tentent toutefois de rassurer que le programme scolaire serait achevé à temps pour permettre aux élèves de passer les examens officiels". Quelle misère !

Boutique au centre de Mahambo Friperie

Un mot de la situation économique: outre l'état déplorable de la RN5, rien n'a changé en ce qui concerne les écoles et le dispensaire: les locaux se dégradent sans cesse ... quand ils existent: le nouveau lycée de Mahambo, qui accueille maintenant des élèves en seconde et première, est (mal) logé près de l'école primaire publique (EPP) et voudrait construire. Où mettront-ils les élèves de terminale? Il n'y a pas d'argent et le Directeur, M. Pierrot Rafanomezantsoa, ​​cherche des "partenariats" tous azimuts ... Pendant ce séjour, le temps a été superbe, le climat plus tempéré que d'habitude et la pluie du début s'est envolée. J'ai donc bien profité de la plage, d'une mer souvent très calme, de ma terrasse accueillante, avec le fauteuil prêté par Gérard et les deux tables carrées où je reçois les visiteurs, les enfants et les jeunes du campus Mitsinjo, qui viennent volontiers profiter des livres à lire et à colorier, presque tous les jours, Arliny, la fille de ma gardienne-cuisinière Vavrina, vient demander un petit coup de main pour ses devoirs.

Plage de paul arbre de la plage

Le fauteuil de Gérard Elèves sur terrasse

Arliny et Vavrina Vavrina au dispensaire

J'aime toujours autant ma maison, avec le jardin arboré et riche en plantes et animaux, mais aussi l'ambiance au petit marché local et les habitants très gentils.

Françoise au marché Jean Connelle

Patate douce Balance au marché

Pharmacie informatique Rakotu Ratisse

Je découvre à chaque fois de nouveaux mystères végétaux, de nouvelles nourritures: les angivy sont des sortes de petites aubergines jaune verdâtre, de la famille des solanacées, qui accompagnent souvent le plat national, le romazava, mais je trouve personnellement ce légume trop amer ; encore des sortes de salades, notamment les brèdes mafane, avec leurs fleurs jaunes comme des capitules de matricaire, et dont les Malgaches sont friands; il y a aussi, essentiellement dans la pelouse de Véro, des champignons encore jamais observés auparavant.

Une grosse collybie Hygrophores

Arbre inconnu fruit inconnu

Phelsuma Pistia et sonj

Bref, un séjour qui n'a été obscurci que par le cambriolage dont j'ai été victime, car tout le reste fut parfait! C'est en novembre que je remettrai le cap sur Mahambo, en compagnie de Christiane et Armelle, une amie parisienne.

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31ème séjour à Madagascar (du 7 novembre au 13 décembre 2018)

Note: les photos prises par Armelle sont notées (A) après leur légende.

Après avoir retrouvé notre amie Armelle à l'aéroport Charles de Gaulle, nous avons la mauvaise surprise d'apprendre que notre avion Air Austral de St-Denis (Réunion) à Tamatave est supprimé : même cas qu'en mai ! On va perdre une journée parce qu'il faut attendre à St-Denis, où nous sommes arrivés à 9h, jusque 17h30 'pour prendre un vol d'Air Madagascar jusque Tana: là, les contrôles sont vite expédiés, mais nous n'arrivons à Tamatave qu'à 20h: trop tard pour Gérard, qui a heureusement été prévenu et nous prendra le lendemain matin à l'hôtel Java. Air Austral nous a en effet (ouf!) prévu un repas et un logement au Bld Joffre.

un repas à la maison le campus Mitsinjo

La RN5 est encore plus défoncée qu'en mai. Nous sommes accueillis par Vavrina, avec un repas et des boissons que Far a mises au frigo. Dès l'après-midi, nous sommes au campus Mitsinjo, où nous accueillons une dizaine de  membres de l'association de La Bastide de Virac. Il y a parmi eux une doctoresse belge, qui  a soigné de nombreux patients dans les hameaux de brousse des alentours. En plus des deux couples qui ont donné leur nom à deux maisonnettes ( Monique et Lucien / Geneviève et Michel), Corinne et Hervé proposent de prendre en charge deux jeunes de Mitsinjo! Nous les accompagnons ensuite près du marché local, où a lieu l'inauguration officielle d'un lavoir, offert par un donateur et construit par Faly. Le maire est là pour couper le ruban.

Inauguration du lavoir Inauguration du nouveau lavoir

Pour sa première baignade, Armelle découvre la plage paradisiaque à côté d'Hibiscus et à laquelle nous accédons, comme d'habitude, grâce à l'amabilité de Véro, la propriétaire. La mer est aujourd'hui un peu sauvage, sns doute à cause du "cyclone" annoncé au nord-est. Raoul et Santa nous accueillent, chaleureusement comme toujours, au retour de la plage.

une maisonnette au campus au campus Mitsinjo

Pour 10 euros, j'achète un téléphone portable de base pour Christiane, avec une carte Sim Airtel: nous pourrons, en cas de pépin, rester en contact ou appelez nos amis malgaches. On le donnera à Vavrina, à qui on a volé le sien, quand Christiane quittera Mahambo. Dès le samedi, ma gardienne-cuisinière nous entraîne, croit-elle, au karaoké. En fait, nous découvrons la discothèque à la mode: la "Paillotte", une salle au sol bétonné, est surtout fréquentée par des garçons qui boivent des bières tièdes au son d'une musique disco tonitruante; les filles sont rares, et il est bien difficile de parler avec l'un ou l'autre jeune qui manie suffisamment la langue de Voltaire et ne soit pas trop éméché. On se taille rapidement ... Le lendemain, c'est dimanche, et les visiteurs sont nombreux, qui viennent "dire bonjour" : les familles aidées passent voir si nous avons apporté des vêtements, ou demander d'inscrire leurs enfants à l'école primaire ou maternelle, ou simplement par curiosité pour mes deux compagnes de séjour. Heureusement, nous avons apporté des bonbons pour accompagner le thé bien sucré que les Malgaches apprécient beaucoup. Il fait chaud aujourd'hui, et Armelle désire voir les "Fiangonana" (église en malgache) du coin : Rhema est peu fréquentée, mais la Nouvelle Jérusalem, où les femmes sont en blanc, lui semble accueillante, avec une population assez mélangée. 

Norosoa et Vavrina Josiane et famille

Les deux jours suivants, qui précèdent notre départ en voyage touristique, sont vécus dans le calme, avec baignades matinale et vespérale, bons repas concoctés par Vavrina. Kamisy monte au cocotier nous décrocher de belles grosses noix. Je vais inscrire Arliny, la fille de Vavrina, et Mirinda, une fille de Zoé, à l'école Espérance; Toultra, le plus jeune de Josiane, ira à l'EPP; le mardi, c'est jour de marché, et Armelle et Christiane peuvent faire plaisir à nos amis malgaches, avec un vêtement ou un ustensile de ménage. Alors que je me réjouissais d'être présent pour aider Fara dans la sélection des candidats au campus, je suis confronté à la difficulté de devoir, en présence de leurs parents, refuser quelques élèves dont les résultats sont trop faibles : ils ne permettent pas d'espérer qu'ils tireront profit de leur séjour à Mitsinjo.

3 femmes en cuisine Kamisy en haut du cocotier

Le mercredi 14 novembre, nous partons donc pour une longue excursion en 4 étapes: Andasibe, La RN7 vers le sud, la capitale Antananarivo, le canal des Pangalanes près de Tamatave. Il faut d'abord rejoindre Tamatave, encore grâce à Gérard, puis prendre un minibus jusque Andasibe: nous arrivons au Feon'ny Ala - ce nom signifie "cris de la forêt", à cause du cri des Indris : voir notre premier voyage en 2004 - en fin d'après-midi, juste à temps pour observer, chose rare, une famille de lémuriens fauves au pied de notre bungalow: ils sont amateurs de litchis que nous avons achetés en route. La vue sur la forêt toute proche est superbe depuis la petite terrasse où Christiane profite du crépuscule. Dès le lendemain matin, Christin nous retrouve au local de l'association locale Mitsinjo pour nous servir de guide dans la réserve Analamazaotra. Quantité de photos de cet endroit de rêve pour les amateurs de la nature sont visibles dans le "Journal de bord", témoin de nombreux précédents passages et séjours: seul pour travailler à la réalisation de la brochure " Olatra, champignons d'Andasibe", avec Christiane et des amis (Brigitte et Raymond, en 2011 ), avec mes deux fils Nicolas et François (en mai 2015 , déjà avec le chauffeur Nina).

lémurs fulvus à Andasibe Christiane à Andasibe

Le soir, Christin nous emmène à nouveau pour une balade nocturne où nous avons l'occasion d'observer certains animaux qui ne sont visibles qu'à la nuit tombée, dont un tout petit lémurien du genre Microcebus , un caméléon et une grenouille vivement colorée . Le vendredi, nous nous repartons en promenade, toujours avec notre guide, qui affine ses connaissances en  champignons rencontrés le long du sentier. Cette fois, nous avons de nouveau de la chance, puisque nous pouvons observer à loisir une famille d'Indris, dont un petit qui est accroché à sa mère et s'exerce à sauter d'une branche à l'autre.

Christin et Paul Indris à Andasibe

Mitsinjo à Andasibe escargot à Andasibe

L'après-midi, nous prenons la route vers Tana, où nous avons réservé à l'hôtel Shangaî. Dès le lendemain matin, Nina arrive avec une Peugeot 406 vert pomme. Le prix a été convenu par mail depuis la Belgique: ce sera 35 € / jour, avec le chauffeur (sans se soucier de son logement et de sa nourriture) + le carburant du véhicule. Notre objectif: le parc de l'Isalo, puis retour par le même RN7, en faisant quelques étapes (Ambalavao, Fianarantsoa, ​​Ambositra, Antsirabe). Dès la sortie de la capitale, nous avons l'occasion d'acheter des fraises en abondance, et de constater que la piété populaire n'ést pas un vain mot dans ce pays.

Fraises le long de la route Le long de la RN7

Nous arrivons à Fianarantsoa dès le premier soir. L'hôtel "La petite bouffe" nous est conseillé par notre chauffeur, une très bonne adresse et beaucoup moins chère que le Tsara Guest House voisin. Le lendemain, nous repartons tôt, car le chemin est long pour atteindre le massif de l'Isalo. Quelques arrêts en route, cependant, nous permettent de prendre des photos : de rizières, où les différentes teintes de vert forment un superbe patchwork ; d'enfants qui sont accourus dès qu'ils ont vu que notre Peugeot se rangeait sur le bas-côté ; pour acheter un chapeau demandé par un de nos petits-enfants ; pour une brève visite, à Ambalavao, à un atelier du travail de la soie, depuis les cocons du ver jusqu'à de belles écharpes multicolores ; au (petit) parc Anja, non loin de là, où nous avons la chance de voir un Lemur catta.

rizières le long de la RN7 fillette sur la route du sud

achat d'un chapeau pour Antoine Le menu d'une gargote

Four à briques près de Fiana soie à Ambalavao

au parc Anja lémur catta

On reprend la route vers le sud : dîner à la sortie de Ihosy, puis on met le cap sur Ranohira, au pied du massif de l'Isalo, un site d'une beauté exceptionnelle, qui nous avait marqués en 2004 . La route est longue et plate, un peu monotone, et la végétation plus rare. C'est à l'hôtel "Orchidées" que nous rencontrons Ferdinand, qui sera notre guide le lendemain. Surprise: c'était déjà lui en 2004 ! Il faut prévoir la piqué-nique du lendemain, mais surtout beaucoup d'eau, icar le soleil va darder toute la journée. Au bureau du tourisme, on peut acheter les tickets et s'acquitter du salaire du guide pour toute la journée. A cause d'un gué non franchissable par notre 406, nous devons d'abord faire une longue marche jusqu'à l'entrée du parc, avant de commencer le parcours dans les rochers jusqu'à une "piscine naturelle", bienvenue pour se rafraîchir. Il faut ensuite, pour rejoindre le point suivant (aire de camping) marcher 4 km sous un soleil de plomb, sans la moindre ombre. Malgré l'eau maintenant tiède, je commence à me sentir mal et je demande un arrêt à l'ombre maigrichonne d'un petit arbre rare : repos indispensable et aspirine pour éviter le coup de chaleur, mais aussi diète pendant que les trois autres pique-niquent. Le site est impressionnant, et on atteint enfin le camping après un "escalier" très long et particulièrement pénible à descendre. Ici encore, il y a moyen de se baigner dans un coin de la rivière où l'eau est un peu plus profond. Ouf!

Notre guide Ferdinand départ en voyage dans l'Isalo

Christiane à l'Isalo tombeau dans l'Isalo

Un pachypodium baignade dans l'Isalo

En fin d'après-midi, Nina nous amène jusqu'à une attraction du lieu, près d'un hôtel chic : la "fenêtre" de l'Isalo. C'est un endroit très fréquenté par les touristes qui viennent se faire photographier, comme Armelle et Christiane, dans cette ouverture dans la roche ; on peut aussi y voir le "nez de Jacques Chirac" et surtout se laisser fasciner par les rochers multicolores, dans le soleil couchant.

La fenêtre de l'Isalo couleurs de l'Isalo

Dès le lendemain de cette mémorable promenade, nous repartons vers le nord pour pouvoir faire des étapes dans les villes que nous n'avons jamais fait traverser à l'aller. A Ambalavao, on n'a pu voir que la boutique où est vendu le papier "antaimoro", réalisé avec l'écorce de l'arbre Avola et où sont incrustées des fleurs. Comme c'est déjà fermé, c'est Nina qui nous expliquera comment cela est réalisé. Vous en aurez une bonne idée dans le compte rendu de notre premier voyage, en 2004. La ville est célèbre pour le travail de la soie, mais aussi pour ses vins. Cependant, à part le blanc moelleux de Maroparasy, les viticulteurs locaux ont encore pas mal de progrès à faire, surtout pour le rouge. Un flamboyant nous a séduits, mais aussi, en bordure de route, un petit révolutionnaire, qui arbore, autant sur sa figure que sur son sweat, sa détermination à ne pas se laisser rouler dans la farine par les politiciens de demain !

Un beau flamboyant Un futur révolutionnaire

A Fianarantsoa, ​​nous allons d'abord voir le point de vue qui surplombe toute la ville. On y rencontre un petit groupe de jeunes bien sympathiques ; Jean-Claude, élève dans un CEG de ville, parle très bien le français et mérite une aide matérielle en cette période de rentrée scolaire (retardée à cause de grèves en juin-juillet). D'autres jeunes, avides de "cahiers", nous escortent littéralement pour la viite du quartier du vieux Fiana, derrière la cathédrale. L'ambiance y est sympa et quelques belles maisons, souvent converties en boutiques d'artisanat, ont été restaurées avec des aides étrangères.

Au belvédère de Fiana Dans le vieux Fiana

Nous avons projeté d'aller loger à Ranomafana : la sortie de la ville se fait dans les trombes d'eau, dues à un violent orage avec des éclairs dantesques ; comme souvent, cela s'arrête brutalement et nous pouvons prendre une route asphaltée de bonne qualité (ce n'était pas du tout le cas en 2004 !), qui nous permet d'y arriver à la tombée du jour. Les tarifs de l'hôtel Manja conseillé par Nina sont très abordables et la nourriture est de bonne qualité et roborative. Le lendemain, plutôt que de refaire encore un parc qui ressemble à celui d'Andasibe, nous allons visiter l'arboretum, célèbre pour sa collection de palmiers. Bien documenté et bien entretenu, c'est un site enchanteur, reposant (il n'y a pratiquement que nous), et on y observe même des champignons.

Un beau palmier Une cascade à Ranomafana

C'est à l'hôtel Mania que nous faisons halte en plein centre de l'animée Ambositra (prononcez Ambouchtr). On trouve un petit réparateur de PC pour mon notebook qui "déconne", comme on dit. Dès le lendemain matin à 8h30', le petit ordinateur est réparé. Il ne tiendra que quelques jours, mais je veux souligner l'ingéniosité du jeune homme qui a accompli cela pour moins de 15 euros, et si vite ! Cette ville est surtout réputée pour le travail du bois, et particulièrement la marqueterie : c'est ici que sont réalisées les boîtes Tintin, avec les couvertures des albums bien connus ici. J'y ai aussi déniché un planisphère avec les pays du monde en différentes couleurs naturelles : un coup de foudre. On peut voir un artisan au travail, à l'arrière d'une boutique où les guides amènent leurs clients.

Une boutique informatique Travail du bois

Planisphère en marqueterie Lapins à vendre

A Antsirabe, Nina nous propose des visites chez d'autres artisans : un de pierres et minéraux (chers !), un de corne (de zébus ? Nous sommes sceptiques quant à la provenance de tous ces objets... de grande taille ! La Chine n'est pas loin...), de miniatures (on achète un petit vélo), de bonbons (chez le confiseur Marcel, le plus réputé de la grande île, bof). C'est de bonne guerre et ce type de visites fait partie du pack de tant de voyages organisés, en Egypte, Turquie, ou même en Europe ! Une dernière halte, pour souper, avant l'arrivée à Tana : les dames n'ont pas très faim (peut-être à cause des bonbons ?), et se contentent d'une soupe chinoise, mais je craque pour un tournedos Rossini, car l'enseigne du restaurant est tentante: "Au coin du foie gras".

Une fabrique de bonbons Steak Rossini

On arrive tard à Tana et on dit au revoir à notre chauffeur au Shangaï. Les deux journées dans la capitale sont confiées à l'organisation d'Armelle, qui travaille dans le monde de l'édition à Paris. Elle souhaite rencontrer des libraires, et nous allons ainsi faire la connaissance de quelques personnalités attachantes, notamment d'Annick de Comarmond, dont j'ai déjà évoqué le beau livre "Loin sous les ravenales" (à la fin du compte rendu de l'année 2016). J'ai aussi l'occasion de faire quelques achats, notamment de la vanille sous vide, à un prix curieusement bien moindre qu'à Tamatave. A côté de la librairie de la charmante Sylvie, dans le "Water front", un nouveau zoning commercial, nous avons la surprise de rencontrer Pierrot Men, le plus célèbre des photographes de Mada, dont l'atelier principal est à Fianarantsoa. La boutique d'ici est surtout une salle d'exposition de ses oeuvres. Christiane y a acheté quelques cartes postales, dont celle-ci qui illustre bien la joie de vivre malgache. Un dernier rendez-vous nous permettra, à l'hôtel Sakamanga, où nous avions passé notre première nuit à Tana en 2004, de rencontrer une directrice d'édition du Ministère de la Culture malgache : Lalao me donne quelques exemplaires de deux livres pour enfants et jeunes, au bénéfice des jeunes du campus à Mahambo.

Christiane et Armelle à Tana photo de Pierrot Men

Malgré les embouteillages (il faut une heure et demie pour y arriver!), nous sommes un peu avant midi à Ambodivona, la principale gare routière de Tana, pour le minibus de Cotisse, réservé et payé à l'avance (20.000 ar.). Il part à 12 h précises et arrive, ô merveille, à Tamatave un peu avant 20h. Notre chambre, réservée à l'hôtel Anjara, est vaste et presque luxueuse ; par contre, il n'y a rien au restaurant de l'établissement, sauf un steak de zébu au poivre vert, immangeable tant il est coriace. Par contre, l'addition est légère. Bonne nuit avec un air conditionné performant : heureusement, car il fait bien plus chaud ici qu'à Tana. Une excursion en barque sur canal des Pangalanes clôturera notre trip loin de Mahambo.

Une responsable de l'agence Elidolys est dans le hall de l'hôtel (où nous pouvons laisser nos bagages) à l'heure dite. La balade de quelques heures coûte, tout compris, 25 €/pers. C'est en tuc-tuc que nous rejoignons le port fluvial, accompagnés de notre guide Jacquot. On embarque dans une sorte de grande pirogue, pilotée par un skipper. A un endroit ombragé, tout proche de l'océan, notre guide nous installe pour le pique-nique qu'il a préparé : crudités en entrée, riz aux petits légumes et boulettes de viande hachée, mangue, avec une grande bouteille d'Eau Vive. Nous ne croisons que des Malgaches, en balade comme nous sur ce canal où circulent , sur radeaux de bambous, toutes sortes de marchandises. Retour en taxi-brousse jusque Mahambo : 3 heures de calvaire à cause de l'état de la RN5. La fidèle Vavrina est là pour nous accueillir, puis c'est Faly qui rentre de Fénérive avec ses enfants Manjato, Badoda et Katita : on partage ce qui reste dans le frigo...

Le port fluvial de Tamatave Canal des pangalanes

Un enfant le long du canal L'océan proche du canal

Les quatre journées que Christiane et Armelle devaient encore passer à Olatra seront réduites à trois, à cause d'un coup de fil d'Air Austral qui annonce que le départ, prévu le jeudi 29 novembre à midi, est avancé à 9h45' : les gilets jaunes ont frappé l'île de la Réunion ! Impossible d'être à l'heure en partant de Mahambo le jour même... Mes deux compagnes profitent au maximum des heures qui leur restent dans ma maison pour s'imprégner de la vie locale, tout en faisant la connaissance de Claudine et Noëlson : ces Orléannais sont de passage ici, où ils connaissent bien Fara et Faly. Ils m'ont plusieurs fois envoyé des médicaments à leur transmettre. On les reçoit à Olatra pour un souper très convivial, avec langoustes autochtones et "gâteries" occidentales... De mon côté, je dois procéder à la sélection des anciens et nouveaux pensionnaires du campus Mitsinjo ; c'est une tache difficile, surtout quand les parents sont présents pour présenter leurs enfants candidats. Une dernière promenade vers Fénérive, avec la jeep de Faly, en passant par Sahamalany pour voir nos amis Juliette et Raymond. Il nous faut aussi de l'eau potable en bidons de 20 L, et elle n'est plus disponible à Mahambo près de la mairie (problème technique, paraît-il, mais ici, cela peut durer longtemps).

Claudine et Noëlson Bidons d'eau potable

Les plaisirs de la plage alternent avec les émerveillements botaniques, les visites au campus, les repas avec des amis. Christiane apprécie vraiment ma maison et sa gardienne, Vavrina. Elle commandite à Faly l'amélioration de l'aubette le long de la route, où Vavrina peut faire un petit commerce de nourriture et de boissons (fraîches, vu le frigo !).

Arbre sur la plage Crinum asiaticum

Christiane à Olatra L'aubette de Vavrina

Eric et Gérard Fleurs d'hibiscus

Je vous imagine curieux de ce qu'il y avait sur la table de ma terrasse le mercredi 28 novembre, avec nos amis Eric et Gérard, pour marquer le coup avant le départ de Christiane et Armelle. Sachant que j'avais encore pas mal de "douceurs" amenées de Belgique, voici quel était le menu du jour : apéro vin blanc doux de Maroparasy / noix du Brésil, pommes séchées et pipe gaumaise / camarons flambés au pastis / poulet de chair au poivre vert et haricots verts + frites magnifiquement réussies / fromage (comté, morbier et gorgonzola avec sirop de Liège) / ananas flambé au rhum / café et chocolat. Vavrina s’est encore surpassée. Mes deux compagnes sont sur le départ, grâce à l'amabilité de Claudine et Noëlson qui rentrent à Tamatave et les y déposeront dès le mercredi 28 novembre. Elles logeront à l'hôtel La Véranda, très bien selon elles, pour être à temps à l'aéroport le lendemain matin. Des élèves du campus, avec la gardienne Amélie, se sont joints à Fara et Faly, et à nos hôtes du midi, pour leur dire au revoir. Leur voyage de retour sera sans problème.

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Resté seul, je vais m'occuper davantage des jeunes du campus Mitsinjo, notamment en allant (presque) chaque jour les rencontrer, pour mieux les connaître et leur faire un petit cours de français. J'ai renoncé pour l'instant à l'anglais, de crainte qu'ils ne mélangent tout. Les jours s'écoulent paisiblement, bien remplis par des visites diverses et des démarches au CEG, ou pour les familles et leurs enfants, sans oublier des moments de repos (lecture dans le fauteuil de Gérard, la série "The Knick" le soir sur mon notebook), de natation aussi, évidemment ; courses au village ; visites aux amis (Raoul et sa famille, Jack, Gérard, Fara et Faly à Ylang Ylang où je rencontre plusieurs de leurs clients). Grâce à la direction du CEG, quatre nouvelles inscriptions pour le campus : Brinda, Ermine et Blandine (deux soeurs) et Mirella (leur nièce !). Cependant, cette dernière ne restera pas, comme me l'a annoncé Fara dans un message reçu après mon retour, mais j'ignore pourquoi. Ce qui m'émeut toujours, ce sont les enfants, leur courage malgré la vie dure, leur fraîcheur dans leurs habits d'écoliers. Ainsi, j'ai eu l'occasion d'assister en partie à l'inauguration de l'école maternelle, avec tous les enfants en tenue de fête, les parents et les "autorités locales". Le maire, requis pour cette cérémonie, est arrivé avec près de deux heures de retard : tout le monde, sauf moi qui ai perdu patience, a attendu stoïquement, sans récriminer. La résignation du peuple malgache semble sans bornes : j'espère que le nouveau président du pays n'en abusera pas...

Arliny et la lessive Fanantenana

Debout, de gauche à droite : Mahéfa Jean, Roméo, Sergine, Rody, Brinda, Nicolas, Mirella, Blandine, Ermine, Chryno, Mandelah ; assis, de gauche à droite : Séverine, Serienne, Eminah, Serianne, Vola, Anathalicia, Joséphat.

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A Madagascar, mais aussi chez nous, le PERE PEDRO, rencontré en 2004 et 2005, est bien connu : depuis des dizaines d'années, il se bat contre la grande pauvreté, essentiellement à Akamasoa, la "cité de l'espérance", non loin de la capitale Antananarivo. Il s'adresse aux futurs "citoyens du monde entier", comme nous appelait déjà le philosophe romain Sénèque. Son parcours de vie, ce qui l'a amené à consacrer toute sa vie à Madagascar, vous l'entendrez sur le site de la Radio Chrétienne de France (RCF). C'est vraiment très instructif et vous fera comprendre, par la même occasion, le sens de mon action à Mahambo. Voici le lien : vous accéderez à ce document d'archive en copiant les 2 lignes suivantes dans votre navigateur.

https://rcf.fr/spiritualite/temoins-de-la-foi/avec-le-pere-pedro-une-nouvelle-annee-sous-le-signe-de-l-esperance?unkp=1d2c9384d8fd9bf72a8b9b26dc650b19#.XFRt2I1TsHA.email

Le Père Pedro ne pratique pas comme certaines ONG, qui viennent parachuter leur aide - pour rappel, fruit de l'argent des donateurs, sollicités par une publicité parfois harcelante ! Il vit avec les Malgaches et les associe à son projet, dont les résultats, vous l'avez entendu, sont spectaculaires. C'est le secret : il faut vivre avec les gens et le plus possible comme eux, s'adapter à eux, à leur mentalité. Sans le couple-ami Fara et Faly, que pourrais-je faire pour les enfants et les jeunes de Mitsinjo ? Financer les écolages, les frais scolaires, les frais médicaux, en partie la nourriture, c'est à la portée de ceux qui vivent dans l'aisance matérielle et peuvent partager fraternellement (que ce soit au nom de l'Evangile ou de valeurs humaines). Donner de son temps et faire ce qu'on peut pour les comprendre et les aimer, voilà qui est mieux. Et donne la vraie joie. Père Pedro nous rappelle l'importance de la formation, à l'école : discipline et travail sont les deux piliers d'une éducation réussie. Alors, le pays pourra compter sur des jeunes Malgaches qui construiront des routes et des hôpitaux...

Et je termine volontiers cette année 2018 par la définition d'un "beau geste", dans la bouche de Salvatore Curaba, un entrepreneur de 55 ans: "C'est donner sans espérer quoi que ce soit en retour, aider juste pour le plaisir de faire quelque chose pour autrui ! Finalement, le beau geste est un acte presque égoïste, on le pose car il nous procure autant de bonheur qu'à celui qui en bénéficie."

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32ème voyage à Madagascar (du 24 avril au 24 mai 2019)

 

Note: j'ai placé ici le compte rendu illustré de mon séjour en mai 2019, étant donné l'impossibilité de créer un nouvel onglet "2019" dans le Journal de Bord. Indev, mon hébergeur, a proposé de transposer tout le contenu du site dans un autre logiciel. Déjà MERCI à lui, et à vous pour votre patience...

 

La chose mérite d'être signalée: mon récent voyage avec Air Austral s'est passé comme prévu, y compris les horaires, aussi bien à l'aller qu'au retour. Grâce à ma carte Capricorne, j'avais un bon pour 8 kg supplémentaires, ce qui m'a permis de porter beaucoup de vêtements. Ce bon n'est valable que pour un des trajets, dans mon cas l'aller, puisque, au retour, je mets ma petite valise dans la grande: je ne rapporte que quelques cadeaux. Le visa touristique de 30 jours est toujours à 35 euros. A noter que le tarif pour 60 jours n'est qu'à 40 euros.

C'est encore une fois Gérard qui est venu m'accueillir à l'aéroport de Tamatave. La RN5 est plus mauvaise que jamais: on ne peut s'imaginer ici son état, mais les 90 km nécessitent 3h de route, du moins en taxi-brousse. Cela doit expliquer, en partie du moins, qu'il n'y ait que bien peu de touristes sur la côte Est.

A cette période de l'année, il fait très vite nuit, dès avant 18h, et les Malgaches... ont froid ! C'est "l'hiver austral", dont je ne me plains pas, car je peux abandonner, après deux jours (il me faut ce délai pour m'habituer à la température d'ici), l'essuie qui me sert à m'éponger régulièrement le visage envahi de sueur. Evidemment, dans ces conditions, on est vite au lit !

Le petit déjeuner est pour moi le meilleur repas de la journée, avec du bon pain que Gérard m'a acheté à Tamatave, du beurre du Score, et... ce que j'ai amené de Belgique (charcuterie, fromage, confiture). Pour ce qui est du midi et du soir, je profite abondamment des poissons frais: camarons parfois, crevettes, sabres (grands poissons en forme de ceinture) et petits poissons comme des sardines, achetés au marché le plus souvent. C'est souvent trop pour moi seul : Vavrina et Arliny en profitent volontiers !

Il faut, à chaque début de séjour, que je fasse mettre le scooter en ordre. J'y suis résigné, quoique... Cette fois encore, c'est le carburateur qui est bouché. Facile de trouver un réparateur bon marché, quand il n'y a que de la main d'oeuvre en jeu. Pour les pièces de rechange, une bougie par exemple, ce sont les prix de chez nous. L'essence, en bouteilles en plastique au dépôt local est à 4.600 ar. le litre (1,15 €), au lieu de 4.200 aux stations service de Fénérive.

Le début de mon séjour sera plutôt pluvieux, et je me suis plus d'une fois découragé de partir à la plage; pourtant, ici le ciel se dégage aussi vite qu'il ne se couvre, laissant quand même les pistes encombrées de grosses flaques, parfois impossibles à contourner. Evidemment, l'alternance chaleur / humidité convient bien aux champignons et c'est dans la pelouse de Vero, qui donne sur la plage, que j'en observe le plus: des amanites, des hygrophores visqueux, des gastéromycètes, de petits Crinipellis et des panéoles, etc. J'ai pu de nouveau photographier - ils ne sont pas rares ici - de magnifiques Phallus (= Dictyophora) indusiatus, apportés par Marguerite, à voilette jaune spectaculaire et volve gris foncé.

Dictyophora indusiataPanéole dans la pelouse de Véro

Parfois, le ciel reste couvert presque toute la journée: alors, le rendement des panneaux solaires est quasi nul, insuffisant pour que je puisse mettre en route mon congélateur-frigo; mais quand le soleil est généreux, le système fonctionne bien. Trois fois au cours de mon séjour, Gérard est passé m'apporter des bouteilles congelées qui m'ont permis de garder au frais mes provisions et les boissons.

Cette fois, Vero et son mari Paul S. sont dans leur résidence secondaire (ils habitent en temps ordinaire au Kenya): je bénéficie de leur autorisation de traverser leur propriété pour aller à la plage à mon endroit habituel. C'est l'occasion de tailler une petite "bavette", de donner et recevoir des nouvelles locales, de prendre un premier café. Ou de répondre, alors pendant le temps de midi, à leur invitation pour un repas typiquement malgache, en compagnie de Gérard et Raoul et Santa, et parfois du lémurien qui gîte à Hibiscus.

Parmi les quelques bouteilles de vin qu'on peut trouver au village, un "vin gris - Côte de Fianar" est le plus correct; on dirait un rosé, et il est d'un prix très abordable (3,5 €). Et puis, il y a les trésors que Gérard déniche à Tamatave. Un verre de vin donne évidemment du peps aux repas conviviaux, vous en conviendrez !

repas chez Véro repas malgache chez Véro

repas chez Véro suite Côtes de Fianar

Lémurien chez VéroLémurien d'Hibiscus

A la maison, c'est un défilé permanent d'enfants et de jeunes, pour des médicaments ou des soins médicaux au dispensaire, ou une visite chez le dentiste de Fénérive. Les vedettes s'appellent Paracétamol, Amoxicilline, Medrol et Ibuprofen. On en trouve aussi, bien sûr, à la pharmacie locale. Pour tous mes visiteurs, il y a une tartine (c'est le Nutella amené de Belgique qu'ils préfèrent), du thé ou du coca ("bien glacé"), des bonbons et des vêtements.

C'est la saison des avocats, dont je raffole, et des "litchis poilus", que je trouve beaucoup moins intéressants, parce que le noyau se détache difficilement de la chair, et que celle-ci est moins acidulée: il s'agit du ramboutan (Nephelium lappaceum), mais c'est un mot qu'ici on ne connaît pas ! Outre les bananes (toute l'année), on trouve à cette saison au marché: essentiellement des agrumes (mandarines, oranges et pamplemousses), des corossols - très mûrs, ils donnent un jus naturel excellent -, des zévis (sortes de pommes à chair jaune et ferme), quelques grenadelles (fruits de la passion, ici appelés "garanes") et papayes (chères!), et de rares ananas, gros et très savoureux. Quant au "fruit à pain", c'est plutôt un légume pour moi, même s'il pousse sur de gros arbres: avec sa chair, Vavrina fait de la purée ou de délicieux beignets.

Pour la première fois, j'ai eu l'occasion d'acheter - ce ne fut pas simple, je vous épargne les péripéties qui m'ont forcé d'aller en scooter jusque Fénérive - un forfait pour internet; cela m'a permis de rester en contact, y compris visuel, avec Christiane restée en Belgique, grâce à Messenger, mais aussi à consulter ma boîte de mails, et pouvoir surfer, notamment télécharger mon journal belge pour avoir des nouvelles du pays. L'application "Messenger" est téléchargeable gratuitement sur le PlayStore - le faire avant de partir, avec le Wifi - indépendamment de Facebook: c'est bon à savoir, pour quelqu'un qui comme moi suis allergique aux réseaux sociaux et à leur "dictature". Il faut évidemment acheter une carte SIM malgache (prix très bas: 1.500 ar. = 20 cts d'euro); je conseille le forfait ORANGE "Be connect" = 7 jours pour 1 Go au prix de 12.500 ar., c'est-à-dire environ 3 euros. Le bonus de 2 Go offerts doit être utilisé entre 23h et 6h du matin: les insomniaques pourront en profiter !

Chaque jour, je vois arriver le Condor, bateau qui fait la navette Ste-Marie-Mahambo, essentiellement avec des passagers qui viennent en minibus de Tamatave. Le prix est nettement plus élevé pour les touristes (vazahas) que pour les indigènes. Le bateau est à l'ancre entre 8h et 10h du matin près du "Gîte" (Mahambo Beach), non loin de l'hôtel La Pirogue.

Pratiquement chaque jour pendant le temps de midi, je rencontre les élèves du campus Mitsinjo, pour une petite leçon de français. Cette année, je me suis servi des films projetés chez moi le soir: ils ont aimé "Ernest et Célestine", "Madagascar 1", "Raid Dingue", "La Reine des Neiges", "Harry Potter à l'école des sorciers", "Kung Fu Panda", "Les Rebelles de la Forêt", et même "Les trois petits cochons", vieux film de Walt Disney.

lessive au campus Gérard sous le kiosque

Nicolas trie son riz fataper sur le feu

Autres activités avec les jeunes: un peu de natation le dimanche après-midi et la visite du CLEF (Centre Local d'Etudes Francophones), dans une pièce du bâtiment de la mairie. Il s'agit d'une petite bibliothèque d'ouvrages variés en langue française (de la BD aux livres scientifiques, en passant par des atlas, dictionnaires, albums et romans): j'ai pu inscrire, auprès de la responsable, 8 élèves du campus: la cotisation est dérisoire, mais rares sont les jeunes qui en profitent; j'y ai quand même rencontré 4 élèves du lycée de Mahambo, particulièrement causants et délurés : voilà le bénéfice des livres !

groupe pour la leçon tableau au campus

bulletin d'Anathalicia bulletin de Mirinda

J'ai eu l'occasion d'assister de nouveau à la distribution du riz, que je finance une semaine sur deux. Le gros sac de 50 kg est amené par Faly en moto puis... sur son dos, et distribué par Fara: 10 kapoks (mesure à partir d'une de boîte de lait concentré sucré, bien houppée) pour chacun dans son panier.

Faly et le riz distribution du riz

Faly suggère de remplacer la pompe par un puits. C'est OK, car ses arguments ont appuyés par le témoignage des élèves: il y a du sable dans l'eau, les tuyaux rouillent, le joint en caoutchouc doit être remplacé très souvent - normal, avec une vingtaine d'utilisateurs, les 17 jeunes + les familles de la gardienne et de Norosoa.

construction du puits le nouveau puits

nouveaux bancs au CEG classe du CEG

C'est aussi à Faly que le CEG voisin doit une dizaine de nouveaux bancs pour une des classes, bancs financés par le groupe des Ardéchois qui lui ont fait installer des latrines un peu partout dans le village, ainsi qu'un lavoir inauguré près du marché (voir photos en 2018)

Depuis l'avènement du nouveau président Andry Rajoelina, il y a moins de contrôles sur la RN5 - ils servaient surtout à obtenir un petit billet "pour arrondir les fins de mois" des pandores locaux - et les habitants sont confiants dans les réformes à venir et les promesses... de réparer la route ! Espérons qu'ils ne seront pas déçus. Chaque jour, les discours des hommes et femmes (y compris la soeur de Rajoelina) politiques qui se présentent aux législatives du 27 mai, scandent le passage de voitures-radio, dont les hauts parleurs déversent de la musique et des slogans qui ont l'air de moins intéresser la population locale que la distribution de T-shirts ou le partage d'un verre de rhum ou d'un zébu ! De toute façon, pas besoin pour moi de mettre de la musique: celle de la gargote de Suzy, de l'autre côté de la route, me sert de toile de fond quand je suis sur la terrasse…

Mandelah et Anathalicia Clotilde et Manuela

Le toit de la maison de Vavrina laissait passer l'eau à plusieurs endroits. On va le refaire: pendant 4 nuits (les hommes embauchés sont assez fantasques, car j'ai eu tort de leur donner une bonne avance), Arliny dormira dans la chambre d'amis de ma maison, mais Vavrina refuse de quitter son logis, craignant, dit-elle, les voleurs... pour ses assiettes et ses casseroles !

toit de Vavrina Vavrina inquiète pour son toit

Arliny, la fille de Vavrina, passe souvent avec ses devoirs pour de l'aide. Ce n'est pas si facile pour elle, ni pour moi d'ailleurs (!), des divisions du type 789:27... sans la calculatrice à laquelle nous sommes maintenant tous habitués grâce aux téléphones portables ! Il y a parfois aussi, surtout le week-end s'ils ne sont pas retournés dans leur famille, l'un ou l'autre élève du campus qui viennent "travailler" (lire ou colorier) sur une table de ma terrasse… La végétation de mon jardin, avec la pluie des deux premières semaines, est luxuriante à souhait.

jardin d'Olatra fleur blanche du jardin

ma boule chinoise fleur du jardin

Seul petit souci de santé : un furoncle mal placé, que je soignerai, suivant en cela le conseil de la doctoresse du dispensaire, avec un antibiotique spécifique qui le fera, dit-elle, "fondre" progressivement. il faudra quand même une 2ème boîte, mais elle avait raison... Surprise! Un matin, quand je rentre de la plage: Juliette est là, venue de Sahamalany à pieds nus (8 km quand même! Elle a quitté son hameau à 4h ce matin) pour me dire bonjour, en apportant quelques grenadelles: elle sait que j'en suis très friand. Manjato, le cadet de Fara et Faly, est là aussi, "juste pour dire bonjour", donc pas pour quémander quelque chose, comme cela arrive si souvent : ce sont des moments qui font chaud au coeur.

Juliette et Manjato Juliette et vavrina

Rencontrer des Malgaches est un de mes plaisirs favoris à Mahambo: en compagnie de Vavrina, je suis allé à la rencontre de ses "cousins", qui avaient habité chez elle en mai de l'année dernière, parce que la maman venait de mettre au monde une petite fille. C'est Vavrina qui avait amené la petite au dispensaire pour ses premiers vaccins (voir la photo en 2018). Pour un Malgache, la famille, c'est tout !

famille de Vavrina Yella

Quelques clins d'oeil encore avant de refermer ce compte rendu. Qu'apporter à Mahambo la prochaine fois ? Des lunettes de lecture pour des vieilles dames: à peine avais-je donné deux des 8 paires amenées que les clientes se précipitaient; j'ai dû ramer pour en garder une paire pour Marcelline, à qui j'avais promis... Que diriez-vous d'un four solaire dans votre jardin ? Bien pratique pour chauffer une casserole d'eau installée en son centre concave (pour la vaisselle par exemple), comme je l'ai vu fonctionner dans la pelouse de Paul et Vero. Il ne faut cependant pas oublier de le tourner au fil du déplacement du soleil; et puis, il faut du soleil ! A chaque séjour, je decouvre une fleur ou un fruit, nouveaux pour moi. Cette fois, c'est dans la haie contre la RN5 que j'ai découvert ce gros fruit, de la taille d'un citron vert allongé, avec à l'intérieur des sortes de noisettes irrégulières: les Malgaches luii donnent le nom de "pistache", mais cela ne ressemble guère à ce que nous aimons ici à l'apéritif ! Si vous tombez malade ou êtes blessé à Mahambo, et que la doctoresse est absente du dispensaire, Simonette, la sage-femme bien connue de tous, sera compétente pour vous soigner. Ici avec ma gardienne, elle m'a surpris quand elle s'est levée pour me donner quelques mandarines "pour le vazaha": agréable surprise, non ? A mon arrivée au campus, le tableau noir portait une inscription de bienvenue, avec sur une feuille de papier, le dessin de ma maison... où les élèves espéraient sans doute avoir le cinéma le soir ! Quand Gérard apporte une bonne bouteille de Bordeaux rouge, Paul, le mari anglais de Véro n'est pas le dernier à lever son verre; il continuera sans doute après le Brexit, et c'est très bien comme cela...

lunettes pour Marcelline Four solaire chez Véro

pistache malgache Simonette et vavrina

tableau au campus Gérard et son vin

J'aurais voulu vous montrer en photo, pour illustrer l’anecdote, le "personnage" capturé en fin de séjour, mais... il s'est échappé! Alors que nous visionnions justement "Ratatouille", j'ai enfin eu l'occasion, grâce à une cage en fer prêtée par Faly, d'attraper un rat - sans nul doute venu par le toit puis la fenêtre qui reste grande ouverte pendant la nuit, à cause de la chaleur - qui m'éveillait chaque nuit, en farfouillant dans les sachets en plastique qui sont sur la commode de ma chambre. Je l'avais exilé, en pleine nuit, dans mon living car il se débattait comme un beau diable dans sa prison et ne m'aurait pas permis de me rendormir. Le matin, il avait pris la poudre d'escampette, après avoir rongé le fil de fer rouillé et donc vieilli du coin de la petite cage. Il ne s'est plus manifesté la nuit suivante: sage décision, car je l'aurais sans doute de nouveau coincé ! Reviendra-t-il hanter mes nuits en novembre ?

Quand j'ai écrit cette dernière phrase, j'ignorais que, quelques jours plus tard, on allait découvrir une grave maladie à mon épouse Christiane. Il m'est donc, pour le moment, impossible de faire des pronostics en ce qui concerne l'avenir, y compris pour ce qui est de mon retour à Mahambo

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